Ilan Duran Cohen

  • Alors que tout va plutôt bien pour Alain Conlang, polémiste télévisuel bénin dûment assermenté par l'État et vastement apprécié par la jeunesse, le voilà qui, lors d'un dîner sans relief, lâche une sotte et gratuite réflexion sexiste. L'ennui ? L'alcool ? Le mauvais goût ? Aucune excuse ne tient. Dans un monde passé à la javel idéologique, le dérapage est de nature à précipiter notre Bartleby du XXIe siècle chez un Kafka décidément inoxydable. Drôle et inquiétant, le nouveau roman d'Ilan Duran Cohen est une farce tendre aux effets secondaires coriaces.

  • Dans un monde oscillant entre règne du libéralisme effréné et menace terroriste universelle, Jonquille, enfant du «Flower Power», stagiaire impavide idéal, entre dans une agence marketing tenue par un frère et une soeur. Entre l'implacable efficacité de l'une et l'ineffable génie visionnaire de l'autre, entre leurs deux dérives, Jonquille devient insensiblement le garant improbable de l'équilibre de l'Agence mais aussi, peut-être, de l'équilibre du monde.

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  • Hélène est épileuse.
    Timide, elle se trouve un jour dans l'obligation de demander l'hospitalité à l'un de ses clients, m. blumenfeld. et la voilà au coeur du marais, chez un homosexuel excentrique, diamantaire haut en couleur qui l'accueille immédiatement dans l'unique chambre d'amis qu'elle devra partager avec le jeune schlomo. malgré les débordements passionnels de l'incroyable m. blumenfeld et l'exaltation mystique de schlomo, hélène se sent bien.
    Très vite inséparables, leurs vies, pourtant si différentes, s'organisent autour de la disparition de simon, " le fils de la sardine ". entre l'intemporelle magie de la culture juive et la recherche, souvent difficile, de l'épanouissement amoureux, ilan duran cohen a composé un roman foisonnant, une tendre comédie au pays des sensibles.

    1 autre édition :

  • Pour alain conlang, la solitude est une angoisse, l'abandon une obsession, la rupture une torture, et il lui semble préférable de vivre un amour sans passion plutôt que de ne rien vivre du tout.
    Pour conjurer sa peur et celle des autres, il met alors au point une méthode psychologique novatrice : comment survivre au chagrin d'amour ou ne plus souffrir pour de mauvaises raisons. très vite, alain conlang devient gourou, homme d'affaires, analyste à ses heures et de plus en plus amoureux...
    Han duran cohen aime les doux et les sensibles. la singulière aventure d'alain conlang au coeur de la vie des autres, ses errances amoureuses et sa fragilité atavique sont contées avec l'humour et la tendresse qui, depuis trois livres et un film, font le charme inimitable de cet écrivain.

    1 autre édition :

  • En épousant la fille du tout-puissant patron de l'usine de carrelage locale, convoitée depuis la maternelle, Clément a réussi sa vie au-delà de ses espérances : il a sécurisé sa "zone de confort", s'est mis à l'abri du mauvais goût, du besoin matériel et de la médiocrité ambiante. Mais un tragique accident de voiture qui laisse sa jeune épouse dans un état critique menace cet équilibre douillet et met au jour la sombre mécanique des interdépendances. L'avenir se trouble et la géographie familiale vacille. Entre lutte et syndrome de classe, une comédie mordante qui explore le règne de la peur sur l'ultralibérale solitude de nos contemporains.
    Comme une détonation sur la vie scrupuleusement rangée du jeune couple modèle que forment Clément et Daphnée, l'accident de voiture qui cloue cette dernière à l'hôpital pour de longues semaines de rééducation intensive est aussi un symptôme. Les certitudes se craquèlent, les garde-fous chancellent, l'horizon se complique. Tandis que Daphnée, gravement secouée, entame le lent réapprentissage de la vie, Clément, assailli de doutes et de culpabilité (il conduisait), tente d'apprivoiser les répliques sismiques que l'événement provoque sur son quotidien, et au coeur de sa belle-famille, son eldorado.
    C'est que depuis la maternelle sa vie entière a tendu vers son entrée dans cette nouvelle famille, vers son évasion de sa propre condition, sa propre ploucitude. Son beau-père est le grand petit patron de la ville, qui l'a "pris" avec lui à l'usine, en héritier tacite. Sa belle-mère incarne l'embourgeoisement mesuré, le bon goût garanti qu'il convoite et touche du doigt. Une sécurité haut de gamme, dans un environnement de qualité. Des règles qu'il a appris à dicter, des objectifs qu'il sait désormais piloter, une cage, un asservissement qu'il chérit. Mais voilà qu'il se met à rencontrer les autres, qu'il se découvre touché par des gens qu'il n'aurait pourtant pas envie de devenir, des gens ordinaires aux réactions spontanées, aux sentiments authentiques - imprévisibles.
    Il n'est pas le seul à être chamboulé. Si Hervé, le beau-père, résiste de son mieux à la panique qui rôde - il tient la baraque, il croit en la transmission -, Carole, la belle-mère semi-bovaryenne aux immatures et multiplexes errances, réévalue soudain la totalité de son existence au vertigineux miroir de son gendre. Cette histoire est son histoire.
    D'une acuité pénétrante, sans compromis et néanmoins non dénué de tendresse, le regard d'Ilan Duran Cohen sur ses personnages agit comme loupe au soleil. Le quotidien est une succession de petits incendies criminels. Le poids de la société consumériste confisque tout idéal alternatif et jusqu'à la notion de destin. La peur de l'avenir fige tous les élans. L'irruption de la liberté menace tous les équilibres. Et face aux tourments de l'âme, du coeur et du cul, on se découvre, horrifié, des réactions de divas de telenovelas, comme dictées par des formats commercialement éprouvés dans des fictions de consommation courante.
    C'est sur l'air et le ton de la comédie légère et grinçante, avec souplesse et fluidité, que L'Homme à débattre dit cette mutation contemporaine qui nous dévore et menace de nous engloutir, ainsi que la redoutable persistance des différences (des différends) de classes sur les échanges en milieu tempéré.

  • Chronique alicienne

    Ilan Duran Cohen

    Avec ses rêves de cinéaste - mais aussi pour échapper à ses doutes, à sa crise d'identité, aux pesanteurs de son appartenance, à la communauté juive - le jeune narrateur de ce roman quitte Paris et s'inscrit dans une université new-yorkaise.
    Quelques mois plus tard, il est rejoint par Alice, sa cadette adorée, depuis toujours sa complice, et pourtant son contraire. New York, cité symbole de l'intégration ? Alice s'émerveille, mais son frère est sceptique ... Chronique alicienne est le roman de cette année partagée, de ce jeu de miroirs -face à une ville - entre un frère et une soeur dont les trajectoires vont douloureusement s'écarter. Avec humour, avec cynisme, Ilan Duran Cohen épingle l'Amérique, ses chimères, ses prétentions.
    /> Lucide, il met en scène les limites et les travers de la communauté juive, déjoue les illusions de l'émigration, et aborde sans pathos les thèmes de la recherche du père, de la quête d'identité et de la symbolique de l'exil -désignant toutes les ambiguïtés qui s'y attachent. Mais ce roman est aussi un hymne à l'amitié et à la tendresse que Brad, personnage emblématique de Chronique alicienne, illustre magistralement.

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