Editions Commune

  • L'éducation aux médias et à l'information s'est largement développée depuis 2015 et les attentats de Charlie Hebdo. Présentée comme un outil majeur de lutte contre la radicalisation et les fausses informations, l'EMI est devenue un élément central de nombreux discours institutionnels. Elle ne peut pourtant se résumer à ces objectifs. Le collectif La Friche, composé de quatre journalistes indépendants, et l'association Édumédia proposent de la rapprocher de l'un de ses lieux fondateurs : l'éducation populaire. A travers des entretiens, des retours d'expériences et des analyses plus théoriques c'est une lecture critique de la société et de ses représentations médiatiques qui se dessine, pour repenser la fabrique même de l'information.

  • Manon Delatre travaille dans un cinéma d'art et essai. Au début, son travail la passionne. Elle s'implique, prend des responsabilités. Mais un jour surgit le trop plein, l'épuisement. Elle a besoin de changer d'air. Sa direction ne l'entend pas ainsi. Refus de rupture conventionnelle. Les relations se compliquent.

    Une spirale infernale qui la pousse alors à tout faire pour se faire virer. Se faire virer est un court et poignant récit qui décrit avec précision certains des mécanismes qui peuvent mener au burn-out.

    Ce texte est suivi d'un autre récit de la même autrice, Camera obscura, sur le travail dans une équipe régie sur les plateaux de cinéma décrivant l'envers du décor du septième art.

  • À quoi ressemble la joie dans les milieux engagés dans des luttes sociales ? Qu'est-ce qui nous rend collectivement et individuellement plus capables, plus puissants et pourquoi, parfois, les milieux radicaux produisent tout l'inverse et nous vident de tout désir ?

    C'est à ces questions que Joie militante tente de répondre, combinant propositions théoriques, analyses de cas pratiques et entretiens avec des militant·e·s issu·e·s de luttes diverses : féminisme, libération noire, résurgence autochtone, syndicalisme, squat, occupations, etc.

  • Paru il y a près de 20 ans, ce manifeste n'a pas pris une ride, tout comme la pertinence de son propos. Il est complété d'un texte plus récent de l'auteur qui revient 10 ans après sur le chemin parcouru. Il est préfacé par Alexis Pernet, paysagiste et maître de conférences à L'École nationale supérieure de paysage de Versailles.

    " Si l'on cesse de regarder le paysage comme l'objet d'une industrie on découvre subitement - est-ce un oubli du cartographe, une négligence du politique ? - une quantité d'espaces indécis, dépourvus de fonction sur lesquels il est difficile de porter un nom. Cet ensemble n'appartient ni au territoire de l'ombre ni à celui de la lumière. Il se situe aux marges. "

  • William Acker est juriste et fait également partie de la communauté des « gens du voyage ». Il travaille, depuis l'incendie de l'usine Lubrizol, sur un inventaire critique de l'emplacement des aires d'accueil dans tous les départements français. Ce travail n'avait jamais été réalisé auparavant. L'encampement moderne des gens du voyage, roms, tsiganes, passe par un éloignement géographique, loin des zones habitables et à proximité immédiate de zones à risque sanitaire ou écologique (centrale nucléaire, déchetterie, usines, stations d'épuration, etc.). William Acker propose ici une lecture historique, sociologique cartographique et critique de la politique d'encampement des gens du voyage et de leur mise au ban de la société.

  • Cet ouvrage compile plus de 600 phrases percutantes disséminées sur trois décennies d'histoire du rap francophone. Du rap commercial au rap underground, du rappeur multiprimé à l'inconnu des radars, peu importe. Le dénomitateur commun est ce foisonnement de « phrases qui restent ».

    Conçu par un collectif de mélomanes et d'amateurs, l'ouvrage s'appréhende de deux façons différentes. La première partie se lit tel un recueil de poésie : les phrases s'enchaînent sans source ni commentaire pour découvrir cet univers. Puis, en fin de recueil, une liste de références (artistes, morceaux, albums, années, labels, territoires et crew) et un index permettent de saisir le livre de façon ludique, à la manière d'un quiz. L'objet idéal pour les adeptes du genre ! Édition préfacée par Ouafa Mameche.

  • En dix ans, l'habitat participatif est passé de projet anecdotique et expérimental à une pratique récurrente des collectivités et institutions publiques. Tout en donnant de la visibilité à ces manières d'habiter, ce développement rapide est venu uniformiser et techniciser le milieu. Les guides, fiches techniques et retours d'expériences ne manquent pas d'expliquer comment budgétiser le projet immobilier ou choisir son statut juridique.
    Qu'en est-il de l'idée de départ de changer la ville pour changer la vie ? Samuel Lanoë dresse un état des lieux de ses expériences et du secteur tout en réengageant au coeur de l'habitat une question essentielle, celle de l'habiter.

  • Agir ici et maintenant est un essai autant qu'un manifeste, une analyse personnelle de la pensée de Murray Bookchin. En guise d'amorce, Floréal Roméro dresse le portrait du fondateur de l'écologie sociale et du municipalisme libertaire. Il en fait son histoire, son évolution politique, pour la mettre en miroir avec les enjeux écologiques, sociaux et économiques actuels.

    De l'Espagne au Rojava, en passant par le Chiapas, à partir d'exemples concrets, l'auteur lance un appel à la convergence des luttes et un cri d'espoir. Ce livre nous apporte des conseils pratiques pour sortir du capitalisme et ne pas se résigner face à l'effondrement qui vient.

  • Au début des années 2010, des habitant·es de la Montagne limousine ont pensé et tenu un collège accueillant des jeunes sur un territoire rural, où les distances comptent plus qu'ailleurs. Cette expérience (de quatre ans, de son ouverture à sa fermeture) interroge depuis la marge notre rapport à l'école, l'institution publique, ses évolutions et ce que nous pouvons souhaiter pour elle.

    Ce récit collectif retrace des questionnements riches et complexes : pourquoi un collège associatif ? Pourquoi choisir une école privée plutôt que l'école publique d'à côté ? Quelle pédagogie adopter ? Quels sont les rapports au rectorat et aux autres écoles ? Les liens au territoire et aux habitants ?

  • Ce recueil réunit des textes écrits par un collectif d'un lycée d'enseignement professionnel (Paris 10e arrondissement) lors du mouvement contre le projet de loi Devaquet de 1986. Ils dénoncent l'insuffisance des revendications étudiantes centrées sur la sélection à l'université, la ségrégation sociale, l'échec scolaire tout en célébrant la joie d'être ensemble et d'explorer d'autres voies.

  • Saul Alinsky a été animateur social dans les années 40 à 70 aux États-Unis et notamment dans les rues de Chicago, à pratiquer et théoriser l'organisation communautaire. Son crédo : animer des collectifs (habitants, ouvriers...) pour qu'ils s'organisent et mettent en place des actions qui inversent les rapports de force et permettent de gagner des luttes sociales (conditions de travail, salubrité de logements...).

    Ce texte est le seul entretien que Saul Alinsky ait accepté de donner, il permet de découvrir, le personnage, ses combats et réflexions.

  • Comment organiser et animer des discussions politiques qui soient à la fois constructives et démocratiques ? Cette question relève souvent du dilemme.
    Coups de force, dialogues de sourds, raisonnements biaisés, questions provocatrices, réponses à côté... Les médias, nos soirées-débats ou nos repas du dimanche nous abreuvent d'exemples sur les écueils qui conduisent nos discussions politiques à une impasse.
    Et pourtant, les espaces politiques peuvent-ils se passer de la discussion ? Sans elle seraient-ils encore démocratiques ? Ce petit manuel propose des pistes concrètes pour (ré)apprendre à discuter ensemble, et à faire ainsi du groupe où l'on s'engage un champ d'intelligence partagée. Ce livre combine vigilance pratique du manuel et inter- rogation plus théorique sur les enjeux des processus de discussion, sur leurs limites, leurs points aveugles et leurs présupposés.

  • Dans la rue, on évite les corps, on évite les regards, on s'assoit à l'autre bout du banc... L'indifférence organisée est la règle et ne tolère que de rares exceptions. Jérôme Guillet a passé 20 ans à déjouer ces usages, à inventer des prétextes pour que se multiplient dans l'espace public des échanges entre inconnus. Il est notamment à l'origine du "Porteur de paroles", un dispositif d'éducation populaire très utilisé pour amorcer des discussions en pleine rue.

    Ce livre rassemble les enseignements tirés de ses expérimentations et propose une grammaire des interactions dans l'espace public, portée par le goût de la rencontre et les plaisirs de l'observation.

  • La coopérative Cravirola fait partie de ces expériences communautaires qui ont duré plusieurs années et survécu à l'après Mai 68 et se comptent sur les doigts d'une main. Jérémie Lefranc nous livre son regard singulier sur dix années d'un collectif qui, ayant posé comme enjeu politique de vivre et travailler autrement, a choisi comme moyens la coopérative, la paysannerie et la ruralité.

    Activant l'enjeu de la "culture des précédents", ce récit donne à lire d'autres manières de faire, à contre-courant des injonctions capitalistes et libérales. Ce texte permet également de rappeler le caractère actuel de nombreuses expérimentations autogestionnaires.

  • Dans un monde où les liens se crispent, se liquéfient, déployer des formes de vie solidaires et émancipées implique de sarracher aux modes de rapports établis et d'en expérimenter de nouveaux. Mais lesquels ? Ce livre invite à porter attention aux qualités singulières de toute relation : chaque page reprend la structure du Talmud pour agencer un ensemble de matériaux empruntés à différents univers d'action, de création et de réflexion.
    Les textes et leurs interprétations littéraires opèrent comme des agents de liaison permettant de caractériser les modes de relation en dehors des termes habituellement employés pour les désigner et, ce faisant, ouvrir une brèche où être en lien autrement.

  • En juin 2017, Quentin meurt dans un silo alors que sa journée de travail est sur le point de s'achever. Eric Louis, cordiste également, livre ici un hommage à ce jeune fauché trop tôt, un récit émouvant, mais aussi un pamphlet politique. L'entreprise qui embauche les intérimaires les fait trimer depuis plusieurs semaines sans se soucier de leur état de fatigue.

    Ce récit est suivi d'une réédition de Casser du sucre à la pioche qui évoquait un an plus tôt les conditions de travail dans les silos à sucre du nord de la France pour ces cordistes, harnachés, suant, travailleurs itinérant, intérimaires.

  • La revue entend questionner la diversité des expérimentations (champs de l'art, du politique, du social, de l'architecture, du soin) engagées aujourd'hui dans la société. Elle se positionne dans un rapport critique envers les logiques institutionnelles dominantes.
    La revue met au coeur de son projet une recherche en sciences sociales et humaines pensée comme un équipement démocratique ancré. Ce dernier doit s'indiscipliner et s'hybrider pour continuer à questionner/problématiser/expérimenter de nouvelles façons, plus égalitaires, de composer et déployer les réalités.

  • Marc-Adrien est expatrié au Québec, Montréal. Pour manger, il trouve un boulot où ça recrute : la télévente. Télévendeur, ce n'est pas une vocation, et ça ne le devient pas. Une table, une chaise, un ordi, un casque. Et une journée entière d'appel téléphonique, de démarchage. On te raccroche au nez. On te dit d'aller te faire voir. Et on comprend.

    Marc-Adrien livre avec beaucoup d'humour le récit d'un télévendeur et s'attache à écrire un petit manuel de survie en télévente.

  • Achille est un jeune militant UNEF de l'université Rennes 2. Pendant les manifestations contre la loi travail, il rencontre Yann, Louis, Mathis. Ensemble ils créent un squat dans une ancienne école communale où Achille découvre une autre facette du militantisme.

    Cette fiction, qui frôle souvent le récit, raconte sa radicalisation vers les milieux "d'ultragauche". Marc Faysse décrit avec beaucoup de précision la vie en squat, l'engagement politique, l'alcool, la drogue, la fête. Ni éloge de l'action directe, ni critique, il livre ici un récit coloré, romanesque et sincère sur un mouvement souvent fantasmé et diabolisé par les médias.

  • Le commun a fait son grand retour dans les pratiques mais surtout dans les discours médiatiques, numériques et politiques. Pascal Nicolas-Le Strat attrape ce terme pour le travailler de manière conceptuelle afin de mieux y revenir dans nos quotidiens. Ce passage obligé permet de retourner voir le commun dans ce qui fait son actualité mais aussi son intemporalité : les biens communs du numérique aux ressources naturelles, des pratiques collectives aux enjeux de communautés, des savoirs expérientiels...

    L'engagement pour le commun se manifeste avec force. Il est au coeur des luttes sociales et écologiques (squat, occupation, Zone À Défendre...) et au centre d'une multiplicité d'expérimentations qui transforment en profondeur les formes de vie et d'activité (atelier coopératif, communauté de pratique, centre social autogéré...).
    Le commun est donc mis au travail par de nombreux collectifs qui refusent de se laisser déposséder de leur vie et de leurs espoirs tant par une gestion étatique lourdement technocratisée et bureaucratisée, que par le fonctionnement arbitraire et inégalitaire du marché. Le travail du commun puise son énergie émancipatrice dans cette double critique, critique de l'État qui dépossède les citoyens de l'administration des biens et services d'intérêt collectif, critique du marché qui isole les individus et corrompt systématiquement les possibilités de partage et de mutualisation.
    Le travail du commun témoigne de la volonté d'agir en commun pour construire les communs indispensables à une vie plus juste et plus égalitaire, que ce soit dans notre vie quotidienne avec le désir de renouer avec des formes de vie plus conviviales et plus solidaires ou que ce soit dans nos activités professionnelles et militantes dans un idéal de coopération et d'autonomie.
    Ce livre explore plusieurs des questions qui s'ouvrent lorsque le commun est mis au travail. Comment instituer démocratiquement un commun ? Comment se décaler par rapport aux modèles dominants et rouvrir nos imaginaires ? Comment agir ensemble pour développer la part commune de nos vies et de nos activités ? Ce livre dialogue avec plusieurs des cadres de pensée et d'action qui animent aujourd'hui la critique sociale : Do It Yourself, capacitation, co-création....

  • « Voilà ce que le sens commun et le courage industriel ont réalisé. Voilà ce qui fut l'oeuvre de la sollicitude généreuse de quelques hommes ; ce que le lecteur lui-même peut aujourd'hui contribuer à rendre plus triomphant encore, s'il consent à s'employer pour guider dans la même voie les travailleurs désireux de s'émanciper eux mêmes, et non encore reliés au mouvement coopératif, à l'association de toutes les forces humaines ».

    Ce récit relate une des premières expériences coopératives, celle de Rochdale en Angleterre, créée en 1844. Il s'agit de prolétaires, majoritairement des tisserands, qui décident de se constituer en coopérative de consommation afin d'avoir la maîtrise de la qualité des produits, de leur provenance et de leurs coûts. Jamais réédité depuis 1923, ce texte s'inscrit dans la collection culture des précédents, qui a pour désir de rappeler à la mémoire que l'histoire ne s'accorde pas au singulier et ne prend pas de majuscule.

    Ce texte, écrit en 1890, a été édité et diffusé pour la dernière fois en 1923. Dorénavant dans le domaine public, il nous a semblé bon de le rendre de nouveau disponible agrémenté d'une préface qui le contextualise et fait le lien entre hier et aujourd'hui. Pierre-Yves Jan, auteur de la préface, a travaillé dans les milieux coopératifs et de l'Économie Sociale et Solidaire. Il est notamment très impliqué dans la question des habitats groupés, forme d'habitat qu'il occupe d'ailleurs depuis 30 ans.

  • Un texte magnifique de Bruno Muel sur les images, le montage, l'engagement, des documents sur les groupes Medvedkine, des photogrammes de « Rio Chiquito » (il fut l'un des seuls à filmer la guérilla colombienne des FARC) et de « Septembre chilien » et un DVD comprenant la version restaurée d'  « Avec le sang des autres » et un court de René Vautier (« Les trois cousins »).

  • Ce texte raconte une "Université aux champs" organisée fin 2016 par un collectif de treize agriculteurs du Marais poitevin, territoire de controverses environnementales. Ensemble, ils se décalent de leurs quotidiens en reconsidérant l'élément principal de leur activité : le sol.

    À travers une mise en perspective historique, ce texte évoque un ensemble de renversements qui jalonnent les pratiques agricoles actuelles, préfigurant les évolutions du rapport entre agriculture, société et environnement, dans le contexte où l'agroécologie prend de l'ampleur. Tous deux à l'école du paysage de Versailles, Clémence Bardaine est artiste et doctorante et Alexis Pernet est paysagiste et maître de conférences.

  • À l'heure du Storytelling, des "faits alternatifs" et autres "paraboles véridiques", Benjamin Roux tente un regard décalé sur les histoires et récits d'aujourd'hui. Et de revenir à cet "art de conter" dont le philosophe Walter Benjamin constatait déjà la disparition au début du XXe siècle. En partant à la rencontre de collectifs à contre-courant du libéralisme et du discours ambiant, l'auteur s'appuie sur celles et ceux qui ont raconté leurs expériences pour tenter de comprendre pourquoi ces récits peinent à nous parvenir. Le regard sur ces récits, comme des mythes, porte une attention au geste du conteur et à la responsabilité qu'implique le fait de raconter des histoires à d'autres.

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