L'eveilleur Editions

  • Avec Curwood, ami des grands espaces et des aventures extrêmes dans une nature sauvage, le coeur des hommes a une grande importance. Dans ce roman, l'amour de Carla Haldan, institutrice, pour Paul Kirke, fils d'un riche homme d'affaires, est partagé, mais inavoué. Elle lui offre des fleurs, et leurs coeurs sont émus. Mais Paul est marié... même si sa jeune épouse Claire, allergique au Canada, voyage et rentre peu.
    Soudain, elle revient : serait-elle retombée amoureuse ? Lors d'un pique-nique au bord d'une gorge, Paul chute accidentellement dans l'abîme et semble voué à la mort. Quitte à le perdre, Carla s'y jette à sa suite. Elle restera infirme, mais ce geste fou dénouera leur amour impossible. Lyrique, émouvant, Curwood chante l'amour des hommes et de la nature.

  • Connaissez-vous le système de la tontine ? Un groupe de personnes cotise à part égale, et le dernier survivant rafle la mise totale. La mort vous va si bien est l'histoire de deux frères, derniers prétendants d'une tontine, Joseph et Masterman Finsbury. Quand Jacques Finsbury, leur frère cadet décède, Joseph se retrouve tuteur des deux enfants de Jacques. Mais il gère bien mal les biens de ses neveux, et une fois à l'âge adulte, l'un d'eux, Maurice, va contraindre son oncle à le désigner bénéficiaire de la tontine. Maurice devient très intéressé à la bonne santé de son oncle. Un accident de train va bouleverser tous ses plans...Ce roman d'humour noir est la première de trois oeuvres coécrites par R.-L. Stevenson et son beau-fils, Lloyd Osbourne.

  • William Seabrook est un des très rares étrangers à avoir pu pénétrer les mystères du vaudou en gagnant l'amitié d'une communauté haïtienne qui lui permit de s'initier comme personne avant lui. Il assiste au culte où sorcellerie, sexualité et mort se confondent. Il visite les caches secrètes et va jusqu'à recevoir le baptême du sang des mains de son initiatrice, ce qui lui permet de rencontrer un véritable zombi rappelé à la vie.
    Un livre qui se lit comme un roman ethnographique, mélange de témoignages et de scènes vécues, passionnant. Ce livre, considéré comme un classique, plusieurs fois réédité en France, a été traduit d'horrible façon : chapitres réorganisés, style modifié, longs passages supprimés. Avec notre édition, il s'agira de la première intégrale.

  • Publié en 1937, rédigé pendant son séjour en Sicile de 1895 (peut-être après), ce livre appartient à une intense période créatrice chez Suarès. Dans les 17 proses lyriques qui constituent cet ouvrage, Suarès mêle les descriptions de temples et de paysages, les méditations sur l'art et sur la politique, les effusions lyriques et les souvenirs. Amoureux d'une Grèce qu'il n'a jamais vue, il magnifie les sites hellènes siciliens, dont il cherche à définir la beauté, et célèbre la colonne frémissante de vie et élevant dans l'air un cantique de pierre. Il loue la campagne qui entretient avec les ruines sublimes de mystérieux échanges, s'interrogeant sur la condition humaine qui passe en laissant ces traces dressées vers le ciel. Mais c'est avant tout un extraordinaire poème à la lumière !

  • Des pionniers du Grand Nord canadien arrêtent un soir leur route sur une rive inhabitée du lac Supérieur, en un point où les eaux dessinent cinq doigts harmonieux. L'une des femmes du groupe dira, face à ce paysage enchanteur : « On dirait cinq doigts d'eau descendus vers la terre. » Et le nom de Cinq-Doigts restera à ce coin de terre, au coeur du Wilderness, ces vastes territoires de la forêt primitive, domaine des animaux sauvages et de ceux qui les chassent. À peine plus au nord, ce sont des immensités où règnent le froid, les aurores boréales, les tempêtes aux cris de légende, les bêtes et les outlaws. T out un peuple bruit et se bat, se cache et s'entre-dévore sous l'ardente poussée des feuillages, entre les rochers nus ou dans les clairières printanières.

  • Dans une grande ville de province des années 50, des fillettes à peine nubiles disparaissent. Quatre adolescents, dont une fille, vont s'approcher au plus près du mystère, découvrant le monde des adultes et ses secrets.En pénétrant à leurs risques et périls dans la chambre du mystère, ils deviennent en réalité captifs à leur tour des petits arrangements avec le quotidien, de la médiocrité qui régit les relations sociales, du vide derrière les belles façades. Cette métamorphose, le « grand mal », est un mouvement puissant auquel nul ne peut échapper et dont les enfants, à l'âge crucial, sont autant les victimes que les complices. La haine, l'impuissance, la lâcheté, la violence, les bas instincts, et la cruauté les guettent, ce grand mal qui, tôt ou tard, consiste à devenir adulte.

  • Captivante est l'aventure de Kazan, ce chien d'attelage dans lequel il y a moitié du chien et moitié du loup, qui abandonne son traîneau pour la vie sauvage dans les Barrens, à l'ouest de la baie d'Hudson. Successivement, il connaît les pires ennemies :
    L'incendie, la tempête polaire, la peste, l'homme lui-même auquel, malgré tout, à cause d'anciennes influences, il reste fidèle. Son bon génie et ce prodigieux « instinct du Wild » le rendent victorieux, et aussi cette louve aveugle qu'il a prise pour compagne, capable « d'entendre à un demi-mille une truite sautant dans une rivière ».

  • Il y a des détails qui évoquent un Jack l'Éventreur ou un sadique comme le criminel de Düsseldorf. Il n'est pas défendu d'imaginer plusieurs monstres humains qui auraient saisi l'occasion de passer leurs férocités au compte d'un animal. Le mystère n'était pas tellement dans le fait qu'on n'a pas trouvé la Bête, mais dans la nature de la Bête. Et cette bête fut apocalyptique.
    Afin de pouvoir narrer les méfaits de cette Bête de légende, et les conjectures criminelles et politiques, Abel Chevalley imagine un témoin oculaire qui aurait écrit les mémoires de sa jeunesse troublée par les atrocités de la Bête, sorte de loup mâtiné de hyène qui égorgea sous Louis XV et plutôt des femmes et des fillettes.. : faux roman, ce livre singulier est une enquête documentée baignée d'un souffle romanesque.

  • Les malles font partie de l'imaginaire policier, au même titre que les consignes. Celle de Roubaud contient un mort, déshabillé, et différentes couches de mystères et d'interrogations... Retrouvé à Nantes, expédié de Paris, le succombé a été empoisonné, ce qui attriste fortement son grand ami banquier, compagnon d'aventures indochinoises passées. Le narrateur est journaliste et ne lâche pas la police qui va lui permettre de suivre pas à pas la résolution de ce « crime des quatre jeudis » : en effet, au coeur de l'intrigue il y a cette malle qu'à quatre reprises on a envoyé chercher sans que les commissionnaires se décident à la convoyer. Peu à peu, et au gré des hypothèses balayées une à une se dessine une explication stupéfiante comme les aurait aimées Gaston Leroux. Un livre joliment emballé ! L'auteur : l'avant-guerre permit à une génération de grands reporters de déployer leurs talents : à côté d'Albert Londres ou Joseph Kessel s'imposa la voix de Louis Roubaud, Marseillais né en 1887, qui fit grand bruit avec ses reportages sur l'Indochine, les maisons de correction ou les bas-fonds de Paris. Engagé contre le fascisme, il entreprit un voyage en Allemagne dont il rapporta La Croisade gammée, interdit dès 1940. Sa mort l'année suivante de retour d'une mission en Espagne reste inexpliquée.

  • Rose, issue d'une famille aisée, doit affronter la dure réalité après des malheurs familiaux. Malgré son érudition, elle doit se contenter d'un emploi de femme de ménage dans une école maternelle. Confiant à son journal intime le détail de ses découvertes, elle raconte un monde inconnu qu'elle apprivoise peu à peu.
    La Maternelle, au titre sobre, tient une place unique, discrète et remarquable dans notre littérature. Deuxième prix Goncourt à l'époque où celui-ci n'est décerné qu'à d'incontestables chefs-d'oeuvre, il est qualifié par Huysmans de "maître livre" qui ajoute "ça pue la crasse des gosses... c'est nerveux, pris sur le vif.". Adapté au cinéma plusieurs fois, ce roman est devenu un classique, du genre qui ne manque pas de surprendre ceux qui croient n'y trouver qu'un livre mièvre.

  • Jérôme Carvès, intrépide garçon, entraîne son ami Jean Loubayrac dans une aventure vers la mystérieuse Terre de Chanaan.
    À Puerto Leon, se déploie une faune d'expatriés, trafiquants ou pauvres chercheurs de la Toison d'Or.
    D'un trait puissant, Chadourne en dépeint les rivalités, la frénésie, comme cette expédition en forêt amazonienne qui tourne au désastre.
    Autobiographique, ce roman est imprégné de ce fantastique dangereux qui donne à la vie des habitants un imprévu absolu.
    Chadourne exprime la peur devant la nature, avec ses "descriptions de paysages tropicaux qui n'avaient pas encore été tentées dans le roman français: certaines sont dignes de Conrad"(Larbaud).Carvès est l'archétype de l'homme curieux pour qui le but n'est rien, le plaisir étant dans l'action et dans le risque.

  • George Sherston, orphelin élevé par sa tante découvre sa vocation au contact d'un cocher bourru et passionné. De son premier poney au cheval de chasse, il se forge un caractère de garçon déterminé, endurant, loyal et courageux.
    Pas à pas, Sassoon narre la formation d'un gentleman naïf et un peu fruste, de l'enfance à la guerre de 14, les premiers combats et la mort de son tendre compagnon Dick.
    Captivant, ces Mémoires (1928) ont les dimensions d'un roman russe, variant effets atmosphériques et charme des paysages profondément exprimés. Sassoon donne de l'ancienne Angleterre sportive et équestre, de la vie de château, un tableau saisissant de fraîcheur ingénue, mêlant le parfum des pelouses vertes à la grâce des rituels fanés. Avec ce non-dit sexuel qui traverse tout le livre..

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