L'eveilleur Editions

  • Au XIXe les tatouages concernent surtout les prostituées, les voyous et les aventuriers, une population qui affirme ainsi un peu plus sa marginalité. Ernest Berchon, médecin de marine militaire qui a sillonné les mers du Sud a rapporté de ses périples la première enquête sur cette pratique que l'on trouve dès les origines de la civilisation méditerranéenne : historique et scientifique, elle s'intéresse à la pratique coutumière.
    Une manière passionnante d'envisager ce qui est désormais plus et mieux qu'une vogue..

  • Le Cabinet du docteur Blanche est une anthologie tirée des mémoires (1949) du fameux portraitiste parus chez Flammarion après sa mort. Issu d'un milieu qui révérait les Arts et les Lettres, Blanche y découvrit sa vocation de portraitiste doublé d'un don pour l'écriture. Doué de la même perspicacité psychologique que son père dans ses portraits, peints ou écrits, véritables comptes rendus sur les élites intellectuelles du début du siècle dernier, il consacre à son enfance et à sa prime adolescence dans « la maison des fous » des pages assez sidérantes, proche qu'il était de ces aliénés souvent artistes et écrivains qui pour certains déjeunaient en famille, libres et discrètement surveillés, convalescents dans cet univers protégé. Une délectable balade dans un étrange ailleurs.

  • En 1912, À la recherche du temps perdu est écrit, Proust a déjà la matière d'environ trois gros volumes et se prépare à publier Du côté de chez Swann.
    Il s'agit pour lui de trouver un éditeur et il demande conseil à un autre écrivain, Louis de Robert. Quoique très mondain, il ne parvient pas à trouver d'éditeur, victime de sa réputation (cf Gide...). On connaît la suite : refusé partout, Proust se décide à financer lui-même l'édition et Du côté de chez Swann paraît chez Grasset dans le dernier trimestre de 1913, à compte d'auteur. « Le premier ami de Swann », comme disait Proust, a réuni une première fois en 1925, dans Comment débuta Marcel Proust, les lettres de Proust cherchant désespérément un éditeur. Il s'agit d'un document exceptionnel sur la genèse d'un chef d'oeuvre absolu.

  • Le flâneur n'est pas un badaud, ni un musard, il ne traîne pas, non : il flâne. Et M.Huard, publiciste spécialisé dans les physiologies, a pris le parti de le décrire dans le détail, concluant que ce spécialiste, est un connaisseur, curieux de tout qui mérite qu'on analyse son milieu, ses comportements et ses moeurs.
    Car si, à ses débuts, la marche du quidam s'apparente à la flânerie comme au hasard, libératrice, visant tout entière à maîtriser l'espace, celle du vrai flâneur fait de son oisiveté un travail intense, passionné sinon acharne´.
    Avec cet amusant livre riche en dessins de grands illustrateurs (Daumier et Gavarni entre autres), Huart nous ramène à cette époque où étudier les différents personnages (Balzac le fit volontiers) permettait de singuliers exercices littéraires.

  • Spécialiste des grandes enquêtes sociales sur les déclassés, Louis Roubaud, publie avec sa longue série sur La Prostitution, troublante énigme un texte sans préjugés, cherchant avant tout à comprendre. Mais le résultat de son exploration des bas-fonds de la société, de Djibouti à Paris, en passant par Marseille et la Côte d'Azur, sonne comme une dénonciation terrible de l'exploitation du corps des femmes en un temps - les Années Folles - où la prostitution ne fait pourtant pas débat, sinon pour la forme. Tout en écoutant les «abolitionnistes» et «réglementaristes», ce sont les acteurs qui l'intéressent.
    Mise au ban de la société, hors la loi, la fille publique, à la fois désirée et méprisée, illustre les contradictions d'une société hypocritement écartelée entre le vice et la vertu.

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  • Lancé jeune dans le monde littéraire avec sa revue La Boîte à clous, Jean Forton ne rêve que de roman. Son premier texte est oublié chez Pierre Seghers sous le titre Le terrain vague. Nous sommes en 1951 et le futur auteur de L'épingle du jeu a 21 ans.
    Avec ce petit livre inscrit dans une collection qui découvre les nouveaux talents, Forton aborde déjà les thèmes majeurs de son univers, comme s'il s'agissait d'un manifeste, d'une déclaration d'où surgissent les motifs de l'oeuvre à venir. Le jeune héros, Marc Frouville, amoureux "des portes fermées et des arbres déchus", est habité par "la science de voir et de jouir soi-même", et tenté par la fuite. Secoué par "une vie émotive trop intense", il s'enivre au rêve d'une vie d'aventure dont nous allons voir la premier épisode.
    Un beau début.

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