Bruno Berthier

  • Les Chapieux sont, sur l'abrupte face méridionale du Mont-Blanc, un site de haute altitude que se partagent alpagistes et alpinistes. Inaccessible en hiver en raison des dangers d'avalanche, cette haute vallée aux pentes vertigineuses est aussi secrète que magnétique. Alors que, pendant des siècles, seuls les alpagistes et les militaires s'y sont aventurés, les premiers pour produire leurs fromages (aujourd'hui le beaufort), les seconds pour s'y affronter dans une zone réputée frontière, dès la fin du xixe siècle, cette contrée d'accès difficile est popularisée par les pionniers de l'alpinisme. Des hôteliers y installent des établissements confortables pour une clientèle puisée notamment dans le prestigieux Alpine Club londonien. Les Chapieux restent aujourd'hui un spot attirant des alpinistes du monde entier.
    L'historien Bruno Berthier s'attache à restituer l'histoire d'une haute vallée où nulle empreinte humaine n'est destinée à durer en raison des conditions climatiques, mais dont paradoxalement le premier cadastre de l'histoire a enregistré au début du xviiie siècle un plan réputé fidèle. De son côté, la photographe Céline Clanet a suivi tous ceux qu'appelle le lieu : les paysans, leurs troupeaux, leurs laiteries ; les chasseurs qui traquent ces gibiers de montagne que sont les chamois ou les marmottes ;
    Les grimpeurs et les skieurs qui cherchent l'espace éblouissant des sommets.
    À travers textes et images s'ébauche le portrait d'un de ces lieux que leur isolement et leur beauté hostile placent au premier rang des fantasmagories humaines.

  • Anselme Boix-Vives (1899-1969) est né dans la province de Castellón (Espagne). Enfant il garde les troupeaux, ne fréquente aucune école. En 1917 il émigre en France, s'installe en Savoie et se marie à une Espagnole en 1924.
    Après l'ouverture d'un premier magasin de primeurs à Brides-les-Bains pendant l'été 1922, il développe le négoce avec la région d'Avignon et se fixe à Moûtiers en 1928. Son commerce prospère avec le développement du ski en Haute Tarentaise. Son oeuvre est généralement associé à l'Art brut ou naïf.
    Son oeuvre est une explosion créatrice d'une vitalité et d'une inventivité spectaculaires. En sept années, entre le début de sa retraite en 1962 et sa mort, l'artiste autodidacte a peint plus de deux mille quatre cents oeuvres : figures humaines et animales, paysages, compositions abstraites...
    Idéaliste pragmatique et enjoué, optimiste viscéral, il a donné vie à un monde légendaire, merveilleux et fantastique, nourri des souvenirs des montagnes catalanes de son enfance, de la faune et de la flore de Tarentaise, ainsi que des images et des histoires qui lui arrivaient par la télévision, toujours allumée dans la cuisine transformée en atelier.

  • Le volume mondial de données produites pourrait être multiplié par dix dans les années à venir. Un tel déluge de données influence nécessairement les activités humaines et contribue à la numérisation de l'environnement.

    Cet ouvrage offre une approche projective de la trace numérique, s'appuyant sur un formalisme intégrant l'individu, le système et l'algorithme exécuté. Il expose le formalisme complet décrivant les projections algorithmiques et présente deux concepts inédits liés aux objets connectés : le niveau d'ubiquité d'un lieu et le consentement algorithmique d'un individu.

    Les fausses données, premier vecteur d'insécurité numérique, matrices de cybercriminalité, y sont étudiées sous l'angle projectif et l'ouvrage se concentre également sur les cyberattaques à fort impact construites sur des projections algorithmiques fictives.

  • Le présent ouvrage est consacré à la difficile victoire remportée par les armées françaises sur les troupes autrichiennes le 14 juin 1800 près de Marengo (Italie du Nord).
    Mais plutôt que d'aborder cet événement sous un angle strictement militaire, nous avons choisi de tenter de comprendre comment un fiasco évité de justesse a pu devenir ce formidable instrument de légitimation dont les historiens ont hérité. Ce projet s'articule autour de la réédition à l'identique du très officiel récit rédigé par le maréchal Alexandre Berthier (1753-1815), et connu sous le titre de Relation de la bataille de Marengo (version de 1805), auquel sont associés deux articles de mise en perspective : " Réflexions autour d'un "récit-propagande" " de Bernard Gainot et " La dernière campagne de Desaix " par lequel Bruno Ciotti rend hommage au principal artisan de cette journée, dont l'action décisive eut tôt fait d'embarrasser Napoléon et les tenants de la raison d'Etat.

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