Deluy

  • « Imprévisible passé », la formule s'impose au cours des années quatrevingt du siècle dernier : elle désigne, dans la relative clarté d'une perestroïka vacillante, l'histoire rétrospective d'un stalinisme omniprésent, multiple, tentaculaire et sanglant. Elle souligne ce qui ne pouvait se croire, ce qui ne pouvait se penser, ce qui ne pouvait s'imaginer peu avant, ce qui se découvrait dans les archives enfin ouvertes, dans les déclarations des victimes enfin entendues, dans les gestes enfin permis d'une vie quotidienne en mouvement. On trouvera ici le journal, les journaux mêlés, de nombreux voyages, séjours et rencontres, à Moscou et dans l'URSS d'alors. Le recueil est augmenté de poèmes de Marina Tsetaeva, Alexandre Blok, Ossip Mandelstam, Vladimir Maïakovski, etc., traduits par l'auteur.
    /> Henri Deluy, personnalité forte de la poésie française, est animateur de la revue Action poétique depuis 1955.

  • En 2012 paraissait le dernier numéro de la revue Action poétique, une des plus connues et des plus anciennes revues de poésie française. À partir de 1950 et durant soixante années, Henri Deluy, ainsi que de nombreux comités de rédaction ont publié des quantités d'éditoriaux, participé activement aux événements qui secouaient alors le pays, pris position sur les sujets politiques ou littéraires brûlants de l'époque, et publié des poèmes et textes d'auteurs de toutes nationalités, connus ou débutants. Le rôle d'Action poétique, dans ce qui agitait le monde littéraire, notamment celui de la poésie, ses courants et ses *gures prééminentes, est bien documenté, mais la vie et le parcours d'Henri Deluy, qui l'a dirigée pendant toutes ces années, l'est moins.
    /> Lors d'un séjour à Montréal, Henri Deluy rencontre Julien Lefort-Favreau, chercheur en littératures. Un long et riche entretien a permis à ce dernier de s'intéresser à la vie et au parcours du poète, de recueillir un point de vue plus personnel sur l'histoire de la revue et de composer ainsi le noyau de ce livre. La conversation suit alors le fleuve des souvenirs : Marseille, la guerre d'Algérie, mai 1968, mais aussi la famille, les voyages, les amitiés, les amours et les conflits. Divers textes viennent éclairer certains aspects de l'entretien, comme un puissant portrait d'Henri Deluy par Liliane Giraudon, des considérations sur son travail de poète et de traducteur, son choix de poèmes issus des 210 numéros de la revue, ou encore une de ses fameuses recettes de cuisine. Ce recueil complète les précédentes parutions consacrées à Action Poétique. Il témoigne de l'entremêlement des questions les plus intimes et les plus collectives et d'un engagement poétique et politique exceptionnel au coeur du siècle.

  • DE ÇA, un des poèmes majeurs de Vladimir Maïakovski, paraît aujourd'hui dans une nouvelle traduction d'Henri Deluy. Écrit en 1923, DE ÇA est ici précédé d'une Adresse à Vladimir où Henri Deluy, écrivain et ancien directeur de la revue Action poétique, dénoue les fils de son attachement viscéral à la poésie de Maïakovski.
    Plus qu'une nouvelle traduction d'un des plus grands poètes du 20e siècle, ce livre est avant tout une forme d'adresse au poète russe, héraut de la Révolution. Dans ce texte, Henri Deluy, poète lui-même, traducteur, mais aussi écrivain très engagé, s'interroge sur ce qu'il reste aujourd'hui de cette oeuvre si marquante en son temps. Cette adresse à Vladimir est remarquable en ceci qu'elle expose les doutes et les interrogations de son auteur, Henri Deluy. C'est bien la relation de la littérature à l'engagement politique qui tout au long de ce livre résonne et nous questionne.

  • Kérosène kitsch

    Henri Deluy

    Un recueil de poèmes présenté en deux séquences : Aller-retour, qui alterne les vers brefs et les vers longs, et Photo, dans laquelle l'auteur dresse son autoportrait sombre et brutal.

  • Les arbres noirs

    Henri Deluy


    Les arbres noirs.
    poésie
    à l'adret côté soleil aux arbres centenaires à l'Italie à la désillusion à l'odeur des oeillets à la vaisselle ancienne à l'obscurité de la nuit aux bords relevés de la mer à la sexualité indignée des jeunes femmes aux ailes de la mouette à la ponctuation à l'arbitraire des origines à l'intention parodique aux Brigades Internationales à la couleur du bleu à la radicalité à l'allusion directe à la bassesse du style à la canaille littéraire à la courte échelle à celle dont le corps n'a pas de frontières à la chaussure qui vieillit à l'impassibilité à la fabrique du rythme à l'exactitude à Sophie Volland au point d'ironie à l'Aristophane de Byzance à l'Aristarque de Samothrace aux successeurs de Zénodote d'Ephèse à la Bibliothèque d'Alexandrie au respect des majuscules à l'ombre de tes lèvres à la folie.


  • Au blanc de neige

    Henri Deluy

    • Virgile
    • 8 Février 2007

    Les poèmes d'Henri Deluy sont brefs et précis, les vers fragmentés, les mots toujours dotés d'une dimension prosaïque. Travaillés par un lyrisme retenu, ses textes sont une exploration d'un quotidien enrichi de la secrète présence de figures aimées, et qui conservent en eux le souvenir d'espaces autrefois traversés.

  • L'heure dite

    Henri Deluy

    Traversée à toute allure d'innombrables décors, pages d'albums, rues animées ou chambres vides, fragments d'une vie découpés, remontés, dispersés dans l'impatience et la tendresse, L'heure dite prolonge le mouvement des Arbres noirs : il s'agit bien de rendre compte de certains moments-clefs d'une existence et éventuellement de leur donner un nouveau sens, quitte à en souligner les failles - mais sans rien perdre de leur beauté, ni de leur intensité fondatrice.
    C'est le monde entier qui défile au hasard de ces pages : ses villes, ses bars, ses paysages lumineux ou dévastés - mais aussi ses poètes d'ailleurs et d'ici : Gérald Neveu, Hannah Hbch, Danielle Collobert, Adilia Lopes, Pierre Reverdy... Silhouettes estompées, s'éloignant déjà dans la brume, mais qui soulignent d'autant la netteté, la violence aussi des images que les poèmes semblent arracher au passé : pour mieux les recomposer dans le livre du présent.
    Comme si la poésie, décidément...

  • Manger la mer

    Henri Deluy

    • Al dante
    • 22 Novembre 2011

    La bouillabaisse, ragoût de poisson de la Méditerranée et, plus précisément, des Calanques de Marseille, à l'origine un plat populaire régional, est devenue avec le temps, un mets de renommée mondiale.
    Très vite, la recette originelle s'est enrichie de multiples variantes, dans les cuissons, les épices, les poissons, les crustacés, pour le plaisir de tous les gourmands. Puis les marins d'un côté, les gastronomes voyageurs de l'autre, ont emporté dans leur pays le souvenir de ce trésor de la gastronomie marseillaise, et en ont décliné la magie dans leur pays, avec les produits locaux. Et c'est ainsi que tout autour du monde, dans les ports les plus reculés comme les plus fréquentés, on peut déguster une bouillabaisse, souvent surprenante, parfois totalement insolite, mais oh combien fameuse ! L'auteur, Henri Deluy, poète internationaliste, a fait plusieurs fois le tour du monde.
    Gastronome, bon vivant et curieux, il a toujours eu à coeur de se coltiner la cuisine des pays qu'il fréquentait, aussi bien dans les hauts lieux de la gastronomie locale, qu'en fréquentant les gargotes populaires et on le soupçonne aisément, à la lecture de son livre, de préférer ces dernières.
    De chacun de ses voyages, il a ramené des recettes, toutes plus savoureuses les unes que les autres, et en a partagé la magie avec ses amis et, plus largement, tous ses lecteurs (en effet, responsable de la revue Action Poétique depuis 1955, en dernière page de chaque livraison de la revue il offrait à ses lecteurs une nouvelle recette recueillie lors d'un de ses voyage et, bien entendu, testée et approuvée par lui et ses proches!).
    C'est ainsi qu'il a, au fur et à mesure du temps, construit la carte internationale de la bouillabaisse. Car, comme il le dit lui-même :« un livre de cuisine est un livre de géographie ». Ce livre, premier du genre, est indispensable à tous ceux qui aiment la bouillabaisse, la mer, les plaisirs de la bouche. et les voyages !

  • De la fin du XIXe siècle au début du XXIe, deux cent trente-quatre poèmes et vingt-sept poètes d'une modernité sont ici réunis, pour la découverte, pour le respect et l'oubli des différences.
    Une anthologie à la gloire des traducteurs et de la traduction, et pour cette évidence : il n'y a pas, en poésie, de grands et de petits pays ou de langue plus "poétique" qu'une autre. Car il est bon de ne pas considérer les langues étrangères comme des langues de l'étranger.

  • Henri Deluy, poète internationaliste, a fait plusieurs fois le tour du monde. Gastronome, bon vivant et curieux, il a toujours eu à coeur de se " coltiner " la cuisine des pays qu'il fréquentait, aussi bien dans les hauts lieux de la gastronomie locale que dans les gargotes populaires - et on le soupçonne aisément, à la lecture de son livre, de préférer ces dernières. De chacun de ses voyages, il a ramené des recettes, toutes plus savoureuses les unes que les autres, et en a partagé la magie avec ses amis et, plus largement, tous ses lecteurs (en effet, responsable de la revue Action Poétique de 1955 jusqu'en 2012, en dernière page de chaque livraison de la revue il offrait à ses lecteurs une nouvelle recette recueillie lors d'un de ses voyage et, bien entendu, testée et approuvée par lui et ses proches !).
    Ainsi, au fur et à mesure du temps, il a établi une sorte de parcours gastronomique dont les points cardinaux sont le plaisir, la rencontre, la poésie... et l'amitié.

    écrit plus comme un carnet de voyage (dérive à travers les pays, l'histoire de la revue Action Poétique et les recettes), Henri Deluy partage avec ses lecteurs 260 pages de joies gustatives, des plus archaïques aux plus élaborées...

  • " Par un effet de traduction généralisée qui pousse et développe les écritures au-delà de leurs formes et de leurs traditions nationales, tout en préservant au mieux leur distance et leur étrangeté, des poèmes issus de langues d'ailleurs ou de langues de France autres, aussi éloignées que le nahuatl et le russe, le zapotèque, l'allemand, le maya, le roumain, le tojolab'al, l'irlandais, le mapuche, l'espagnol, le japonais et l'anglais, le catalan, le gitan, le corse, le breton, l'occitan, l'alsacien, sont ici donnés à lire dans leur actualité et leur diversité. La poésie française d'aujourd'hui, ses résistances, son originalité, ses recherches, sont largement représentées par des poètes de générations et de registres différents. Cette anthologie, qui souligne les circonstances, présente donc des poèmes de toutes et de tous les poètes invités lors de la sixième Biennale, en novembre 2001. Dans le mouvement même de l'immédiat. " H.D.

  • De la fin du IXe siècle à celle du XIVe , à travers toute l'Europe, plus de dix générations de poètes, musiciens, chanteurs, hommes et femmes des cours ou pauvres jongleurs, vont écrire l'histoire des troubadours et fonder la poésie moderne.
    Avec, dans chaque contrée, des richesses particulières et des découvertes. Un accent, une langue à l'épreuve du jeu et du métier. Les troubadours galégo-portugais occupent une place de choix dans ce vaste concert. Ils sont rois ou grands capitaines, soldats, hobereaux ruinés, bourgeois enrichis ou petites gens, navigateurs promis à l'aventure, combattants de la Reconquête contre les Maures... Ils viennent du nord du Portugal actuel et de la Galice où une même langue se pratique.
    Ils viennent de Castille et du Leon, comme le roi Alphonse X qui dicte ses lois en castillan et ses poèmes, dont les " Chants pour sainte Marie ", monument de la poésie sacrée, en galégo-portugais. Ils viennent d'Aragon et de plus loin. Des troubadours provençaux écrivent dans cette langue, et même un Gênois... Avec eux, de la fin du XIIe siècle au milieu du XIVe, le chant courtois se poursuit, cependant qu'ils créent, avec les " Chants d'ami ", une autre façon d'aborder la " folie du coeur et avec le " parallélisme ", une technique singulière pour la dire.
    Les troubadours galégo-portugais développent également, à leur manière vigoureuse, agressive et drôle, les " Chants de médisance et de raillerie ", poèmes d'interventions où l'âpreté, la rudesse, le disputent à la crudité des thèmes et du langage. On trouvera ici quatre-vingt-douze chants d'ami par trente-huit troubadours ; cinquante-trois chants de médisance et de raillerie par trente-quatre troubadours ; trente-huit chants d'amour par vingt-deux troubadours.
    Soixante-dix troubadours sont présents.

empty