Jean-François Daguzan

  • Face à la solidité des États-Nations, nul ne semblait plus être en mesure de contester la validité de cette entité politique qui structure en profondeur les relations internationales. Or, depuis une décennie, des organisations terroristes ont pour objectif final de détruire l'État-Nation en cherchant à instituer de nouveaux espaces, sur une base surtout religieuse mais parfois aussi ethnique ou idéologique, qui dépassent les frontières admises. C'est le cas de l'État Islamique en Irak et au Levant (Daesh). C'est également le cas des rebelles pro-russes dans l'Est de l'Ukraine, qui revendiquent un État sur une base anti-occidentale. Ces conflits violents, difficiles à comprendre dans leur totalité, annoncent-ils une remise en cause générale du concept même d'État-Nation ? Préfigurent-ils de nouvelles formes de revendication territoriale qui déboucheraient sur la constitution d'États qui ne seraient plus « nationaux » mais religieux ou ethniquement purs ? Ce nouveau livre de la collection « Débats », incisif et argumenté, répond à ces questions.

  • Au sommaire de cette revue :

    - Entretien avec François Burgat (Jean-François Daguzan)
    - Aux racines idéologiques de l'islamisme radical : fait monstrueux ou fait politique ? (Jean-François Daguzan)
    - La communication des jihadistes : du Londonistan à Internet (Dominique Thomas)
    - La Toile islamiste dans tous ses états (Mathieu Guidère)
    - L'islamisme en Algérie : institutionnalisation du politique et déclin du militaire (Yahya Zoubir et Louisa Dris-Ait Hamadouche)
    - Terrorisme et politique en ex-URSS (Laurent Vinatier)
    - Le " jihadisme ", comme volonté et comme représentation : pour une approche multidisciplinaire (Jean-Luc Marret)
    Varia
    - L'identité nationale et l'opinion publique en Arabie saoudite (Mohammed El Oifi)
    Lectures
    Farhad Khosrokhavar, Quand al-Qaida parle (Jean-François Daguzan)
    Jean-Luc Marret, Les Fabriques du jihad (Jean-François Daguzan)
    Résumés
    Résumés en anglais
    Résumés en arabe

  • En Égypte, la lutte à mort entre l'armée et les Frères Musulmans qui, en juillet 2013, a abouti au renversement de Mohammed Morsi, premier président égyptien élu. Au moment où la crise économique mondiale a fait éclater les modèles anciens, entraînant sous des formes variées des changements politiques et sociaux au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ; alors que Daesh jette un défi mortel aux gouvernements arabo-musulmans, qu'en est-il aujourd'hui de la relation armée-société et qu'en sera-t-il demain ?
    La présence parfois écrasante des armées sur la scène politique arabe est le fruit des processus de constitution des Etats de la région après la première guerre mondiale et dans la période de décolonisation. Selon les cultures ou les histoires respectives de chaque pays, le rôle et la place des armées sont différents. Cependant, la cristallisation dictatoriale qui s'est effectuée au fil des années a fait progressivement peser une chape de plomb sur les sociétés locales. Au début perçus comme progressistes, les militaires et les autocrates arabes au lieu d'encourager le développement de la société civile, se sont essentiellement appuyés sur toute la gamme des moyens répressifs tout en achetant la paix sociale avec les surplus des rentes de situation économiques (pétrole, tourisme, etc.). Ces modèles sont-ils désormais obsolètes ?
    Ce travail collectif veut éclairer le lecteur sur la relation civilo-militaire aujourd'hui dans un certain nombre de pays arabes et en Iran au moment où coexistent des processus de transformation réussis, en cours ou ratés. Les divers contributeurs à ce volume proposent des éclairages circonstanciés pour analyser le rôle des armées à la suite des différentes révoltes populaires qui ont balayé le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Cet ouvrage essaye également de penser le modèle Daesh, qui se veut une révolution totalisante, avec tout ce qu'il emporte de rupture politique et stratégique. Ces relations civilo-mitaires et l'avenir de l'état islamique conditionneront, d'une part, la stabilité de chacun des pays concernés et, d'autre part, la paix et la sécurité de la région pour les années à venir.
        Jean-François Daguzan est directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (Paris) et directeur de la revue Maghreb Machrek.
      Stéphane Valter est maître de conférences (habilité à diriger des recherches) à l'Université du Havre, agrégé d'arabe et docteur de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris.
      James M. Dorsey est Senior Fellow à la S. Rajaratnam School of International Studies (RSIS, Nanyang Technological University), codirecteur du Institute for Fan Culture (Universität Würzburg) et auteur du blog The Turbulent World of Middle East Soccer.

  • - La France et le monde. Un divorce à la française, (Pascal Lorot)
    - La France et le monde, enjeux et perspectives, (Pierre Lellouche)
    - Quel bilan pour la politique européenne de la Franceoe, (Pierre Moscovici)
    - La politique "arabe" de la France : la fin d'un "rêve"oe, (Jean-François Daguzan)
    - Défense : le bon cru des années Chirac, (Jean-Dominique Merchet)
    - La diplomatie française au miroir du discours présidentiel, (Jean-Sylvestre Mongrenier)
    - La politique industrielle en France : entre tabous et déficit de stratégie, (Jean-Louis Levet)
    - En finir avec l'anti-américanisme, (Yannick Mireur)
    - La France et le néolibéralisme, (Jean-Paul Marechal)

  • En Égypte, la lutte à mort entre l'armée et les Frères Musulmans qui, en juillet 2013, a abouti au renversement de Mohammed Morsi, premier président du pays élu démocratiquement, a mis en lumière l'absence d'une société civile à même de s'affirmer. Cette carence émerge comme un trait fondamental de la société arabe alors que s'expriment sous des formes variées des changements politiques et sociaux au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La présence parfois écrasante des armées sur la scène politique arabe est le fruit des processus de constitutions des Etats de la région après la première guerre mondiale et dans la période de décolonisation. Selon les cultures ou les histoires respectives de chaque pays, le rôle et la place des armées sont différents. Cependant, la cristallisation dictatoriale qui s'est effectuée au fil des années a fait progressivement peser une chape de plomb sur les sociétés locales.

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