9782228899598

  • 2005 sera l'année Jules Verne par excellence, le romancier étant décédé en 1905. Le Tour du monde en quatre-vingts jours, paru en 1873, est l'une de ses oeuvres les plus célèbres. On sait rarement que ce grand classique est en partie inspiré de la vie extraordinaire d'un homme d'affaires américain : George Francis Train (1829-1891), le véritable Phileas Fogg. Ce personnage hors du commun fut en son siècle l'un des grands pionniers des transports rapides sur mer comme sur terre. Il est à l'origine des tramways en Angleterre et du développement du réseau ferroviaire au Far West. Excentrique avant tout, il fut tour à tour royaliste et socialiste, belliciste et pacifique, candidat à la présidence puis à la dictature des États-Unis, globe-trotter et écrivain.
    Un beau matin de juillet 1870, le bien nommé Train entreprend un voyage qui va marquer les esprits : il a décidé de faire le tour du monde en quatre -vingts jours pour démontrer qu'en cette seconde moitié du dix-neuvième siècle on peut enfin voyager vite. Il réussit son pari bien que sur le chemin du retour il soit pris en France dans la tourmente insurrectionnelle de la Commune.
    Prétendant avoir aidé les insurgés de Marseille, il est jeté en prison puis libéré grâce à l'intervention de son ami Alexandre Dumas et du président des États-Unis.
    En 1873, il est écoeuré de découvrir que Jules Verne lui a « volé » son exploit, mais le Phileas Fogg du roman, un Anglais flegmatique et pointilleux, est fort éloigné du fougueux Yankee parti par goût de l'aventure et pour la gloire. Au total, Train fera quatre fois le tour du monde, la quatrième en soixante jours. Avec l'âge ses lubies se multiplieront : il n'acceptera plus de parler qu'aux enfants, communiquera par écrit soi-disant pour économiser ses forces psychiques et établira un calendrier fondé sur sa date de naissance.
    Allen Foster, écrivain irlandais, a longuement travaillé à la biographie humoristique et très romanesque de ce personnage souvent insaisissable mais toujours hors du commun.

empty