• L'époque archaïque grecque fut longtemps l'équivalent de notre Moyen Âge, considérée comme des siècles obscurs, rigides et figés. Or, grâce aux progrès de l'archéologie, à une lecture très fine des textes, Claude Mossé a rendu toute sa place à cette période qui, du coup, s'anime sous nos yeux : on assiste au passage du combat singulier à la bataille rangée, de la dépendance à la démocratie au sein de la cité, de la piraterie à l'établissement des colonies lointaines, de l'univers des héros et des dieux au monde des hommes - paysans, sages législateurs et tyrans qui menèrent la Grèce des temps héroïques à l'âge classique. Un voyage en Grèce où Mycènes, Sparte, Athènes et les îles grecques revivent un lointain passé dont les traces nous sont désormais intelligibles et familières.

  • Grâce à une mise en valeur systématique de la documentation archéologique et épigraphique, on commence à mesurer le caractère original et exceptionnel d'athènes dans l'ensemble de la grèce ancienne.

    Après la grande crise sociale des débuts du vième siècle, la démocratie s'est imposée à athènes moyennant le développement d'une économie servile et l'établissement d'un système d'échanges hégémonique. quand les autres grecs furent en mesure de secouer le joug athénien, la cité, réduite à ses seules forces, devint vite une proie facile pour le macédonien.

  • Au début du Ve siècle av. J.-C., Athènes est le centre intellectuel le plus vivant du monde grec et le lieu de naissance de la démocratie.
    Claude Mossé examine ici ce que signifiait être citoyen à Athènes, la façon dont l'égalité politique revendiquée s'articulait aux inégalités sociales, le fonctionnement de la vie politique et les éléments qui contribuèrent à modifier ce fonctionnement - entre autres, la guerre, facteur de transformation économique (financement) et sociale (guerre civique, mercenariat, etc.).

  • Il est peu d'hommes dans l'Histoire qui aient enflammé autant les imaginations qu'Alexandre le Grand, le conquérant macédonien qui, en un peu plus de dix ans, de 334 à 323 avant notre ère, s'empara de l'immense empire perse de Darius et conduisit son armée jusqu'aux rives inconnues de l'Indus.
    A-t-il pour autant changé la face du monde ? Au lendemain de sa mort, son fabuleux empire s'écroulera, victime de l'ambition de ses généraux. Reste que son bref règne marque une rupture dans le bassin oriental de la Méditerranée, à la fois politique avec la naissance de la monarchie hellénistique héritée de la culture grecque, et culturelle avec le développement de nouvelles formes de pensée et de syncrétismes religieux nés à Alexandrie.
    Loin des vains débats sur la succession des événements ou sur la vraie personnalité de l'homme, Claude Mossé s'est penchée sur le devenir de cette unité si fragile et sur l'évolution de l'image d'Alexandre à travers les siècles, tant en Occident qu'en Orient. De l'illustre descendant de Zeus au monarque absolu de la France de Louis XIV, en passant par le preux chevalier chrétien et le roi philophe des Arabes et des Juifs, elle revisite la légende contrastée de ce héros mythique, tour à tour encensé ou diabolisé.

  • Le problème de la tyrannie grecque est à l'origine de nombreuses controverses. S'appuyant sur des sources anciennes, l'auteur reconstitue les portraits de ces tyrans ayant gouverné bon nombre de cités grecques, depuis l'époque archaïque jusqu'à l'époque hellénistique. Cette synthèse passionnante témoigne de la diversité d'un monde politique qui a profondément marqué la pensée politique jusqu'à nos jours.


    Ce livre a été publié en 1969 dans la collection Hier puis dans une collection reliée Dito en 1989. Ces deux éditions ont fait connaître cette étude sur la tyrannie grecque, forme particulière de gouvernement de la cité qui assura un régime politique stable à de nombreuses cités grecques. L'auteur s'efforce dans cette synthèse, d'en déterminer l'origine, d'en préciser les différents aspects, d'en suivre l'histoire dans ses phases successives. "Relisant ce livre aujourd'hui, je crois pouvoir dire que les développements consacrés aux différentes tyrannies grecques me semblent valables pour l'essentiel, même si quelques rares découvertes archéologiques ou épigraphiques ont pu apporter des précisions sur certains points, en particulier sur la chronologie des "grands travaux" attribués à l'un ou l'autre de ces tyrans." (C. Mossé in Préface inédite).

  • Le transsiberien

    Claude Mossé

    • Plon
    • 4 Octobre 2001

    Il a fallu une décennie pour mettre en place 260 kilomètres du TGV Méditerranée, avec les moyens les plus sophistiqués de la technologie moderne.
    Un siècle auparavant, de 1891 à 1901, soit la même durée, au prix de terribles épreuves, les ouvriers esclaves ont réussi à poser les 10 000 kilomètres de la voie la plus longue du monde. De nos jours, le Transsibérien, voulu par les tsars, exploité par les Soviétiques, demeure une légende, un mythe, qui a ouvert au monde une Sibérie alors quasiment inconnue. Une expérience que Claude Mossé a vécue en historien et en grand reporter.
    Il invite le lecteur à un voyage singulier, sur les traces de Michel Strogoff et de Blaise Cendrars.

  • Une étude des systèmes politiques dans le monde grec classique. La diversité des choix politiques aux Ve et VIe siècles apparaît à travers l'évolution des cités grecques, démocratiques ou oligarchiques, et dans la constitution d'ensembles plus vastes que la cité : alliances à caractère militaire, fédérations, Etat fédéral, etc.

  • On a coutume de voir dans la démocratie athénienne du Ve siècle av. J.-C. l'ancêtre de nos démocraties modernes et d'associer étroitement la mise en place du système politique athénien et l'élaboration d'une législation qui remettait le pouvoir de décision et la capacité de juger entre les mains de la communauté des citoyens. Désormais les tribunaux populaires étaient l'expression de cette souveraineté aux côtés de l'Assemblée du peuple et du Conseil des Cinq Cents.
    Mais la crise politique et militaire qui marqua la fin du Ve siècle allait susciter un débat sur la valeur de cette justice démocratique et des lois dont elle était l'expression. Ce débat, initié par les sophistes, agita le milieu des penseurs tout au long du IVe siècle : de Socrate et le procès politique qui lui fut intenté, Platon et sa cité juste idéale, jusqu'à Aristote et sa critique d'une législation jugée incohérente. Mais dans les faits, qu'en est-il exactement de l'indépendance de la justice par rapport au politique ? C'est à cette question essentielle, et toujours actuelle, de la séparation des pouvoirs que Claude Mossé tente de répondre avec la même honnêteté intellectuelle et le même souci didactique qui ont assuré le succès de ses précédents livres. S'appuyant sur les nombreux plaidoyers, privés comme publics, parvenus jusqu'à nous, formidables révélateurs des transformations de la société athénienne, de l'évolution des moeurs, mais aussi des conflits politiques auxquels la cité devait faire face, elle démontre clairement que le verdict des juges ne dépendait pas de la seule application de la loi et que justice et politique étaient étroitement imbriquées.
    En définitive, si la souveraineté de la loi n'a pas remplacé la souveraineté populaire - mais comment le pourrait-elle dans la mesure où le mode de recrutement des magistrats par tirage au sort n'avait pas changé ? -, les tribunaux ne sont pas non plus devenus à eux seuls les maîtres des décisions politiques, révélant en cela la véritable originalité du « modèle » athénien.

  • « Démocratie participative », « démocratie citoyenne », démocratisation du monde arabe, la réflexion sur ce système politique a rarement été aussi intense. La démocratie est à l'ordre du jour, de la guerre en Irak aux manifestations d'Istanbul, en passant par les luttes partisanes françaises. Hommes politiques, universitaires, journalistes en font un des thèmes privilégiés de leurs discussions.
    Or ce mot, et ce régime, ne sont pas des découvertes : ils ont 2 500 ans. Sans doute était-il temps de revenir au sens premier du terme, et à leur inventeur, puis de s'intéresser à la manière dont ce système est perçu dans l'histoire, que ce soit pendant la Renaissance, la Révolution française ou au temps de l'hyperpuissance américaine. Claude Mossé, dans ce court essai enlevé, met ainsi à disposition de ceux que préoccupe l'avenir les regards qui furent portés sur ce régime né au Ve siècle av. J.-C. et livre, en creux, une histoire de la démocratie. Brillant et jubilatoire.

  • Abandonné à sa naissance, Vicente s'interroge sur ses origines et se rend à Xàtiva, place forte des seigneurs d'Aragon. Profondément pieux et féru de théologie, il y croise Alonso Borja, cardinal ambitieux aux moeurs légères. Celui-là même que le roi d'Espagne envoie à Rome, sous le nom plus « italien » de Borgia, pour défendre ses intérêts, sans se douter qu'il vient de lâcher le fauve dans l'arène.
    Car avec Alonso débute le règne d'une famille qui n'obéit qu'à un maître, sa soif de pouvoir, et ne se soumet qu'à un dieu, celui de ses vices. Et le prélat n'a pas oublié ce jeune Vicente qui pourrait être utile à ses intrigues.

  • Au milieu du XIIIe siècle, Simon de Montfort et les hommes du roi de France tentent d'anéantir l'hérésie cathare omniprésente dans le comté de Toulouse, en menant une véritable croisade contre les Albigeois. Ils font régner la peur et la violence, massacrent des populations entières et brûlent tous ceux qui se mettent en travers de leur chemin. Mais les « Parfaits » survivent aux bûchers, à la prise de Montségur (1244), à l'inquisition et aux condamnations prononcées par le pape Innocent III.
    Toutefois l'Église chrétienne ne souhaite pas en rester là. Jacques Fournier, « l'inquisiteur », le futur Pape Benoit XII - celui-là même qui fera bâtir le palais des Papes d'Avignon et réformera les ordres religieux - poursuivra avec zèle ces derniers hérétiques. À force de ruses et de manoeuvres en tous genres, il viendra à bout de ces « bons hommes » qui laisseront derrière eux l'image d'hommes et des femmes en quête d'une spiritualité véritable.

  • Il y a trente ans, en 1981, la France, suivie par tous les pays membres de l'Union européenne, abolissait la peine de mort.
    Celle-ci demeure, malheureusement, encore appliquée dans de nombreux pays: des dictatures, mais aussi des démocraties. Depuis des millénaires, l'homme n'a jamais cessé de perfectionner ses machines à tuer. De la crucifixion à la chaise électrique, de la roue à la guillotine et à la lapidation, l'imagination ne lui a jamais fait défaut. Si les machines à tuer ont achevé des criminels, elles ont aussi servi la raison d'Etat.
    En décrivant ces meurtres, dont furent victimes tant d'innocents, Claude Mossé, historien et conteur, nous livre sans excès de langage, accompagnée de quelques exemples illustres et tragiques, l'évolution sinistre des machines à tuer. Sans jamais s'écarter des observations scientifiques. Qui peut encore croire à la mort immédiate d'un supplicié? Elle ne survient jamais dans l'instant. Plus horrible encore lorsqu'elle est injustement appliquée...
    Les ultimes défenseurs de la peine de mort seront-ils convaincus que répondre à un crime par un autre crime, fût-il d'Etat, demeure une tache de sang honteuse pour des sociétés s'affirmant civilisées ?

  • L'accent est mis sur les ambiguïtés d'un avocat d'affaires et d'un homme politique, compromis dans les affaires douteuses et qui excelle à dresser sa propre stature face à l'histoire.

  • 1309 ! Soumis au roi de France Philippe le Bel, le Bordelais Bertrand de Got, élu sous le nom de Clément V, s'installe à Avignon, premier des souverains pontife à ne pas résider à Rome. Son couronnement, quatre ans plus tôt à Lyon, a été fastueux mais lors d'une bousculade, Clément tomba de cheval, sa tiare roula sur le sol : une émeraude de plus de cinq cent carats s'en détacha. A jamais ! Qui s'en était emparé ? Mystère.
    Sept cent ans plus tard, des hommes plus ou moins liés a des sociétés secrètes, au gouvernement de l'Eglise, Nouveau Temple, Opus Dei, sectes en marge de la franc-maçonnerie... décident de retrouver un joyau auquel on prête des pouvoirs surnaturels. Quelques indices recueillis au fil du temps suffiront-ils pour mettre la main sur cette émeraude exceptionnelle ? Chacun s'y emploie, mettant tout en oeuvre : meurtres, vols, intrigues... Des clans s'opposent, ne reculant devant rien à Avignon, mais aussi à Rome, New York, Genève, en Irlande, au Vatican où s'enchaînent les rebondissements et les coups de théâtre.
    L'ouvrage entremêle l'actualité et le passé, personnages réels et héros de fiction, tout en respectant la vérité historique, et invite le lecteur à mener l'enquête.

  • Tyran cruel ou héros d'une fantastique épopée ? Il suffit de prononcer le nom de Gengis Khan, universellement connu, pour que notre imagination s'enflamme, aussitôt transportée dans les steppes asiatiques, aux confins orientaux de l'Europe occidentale. À la charnière des XIIe et XIIIe siècles, le chef mongol, s'inscrit par son épopée, à l'égal d'un Alexandre le Grand, parmi les plus extraordinaires conquérants de l'histoire, mais aussi parmi les plus redoutables.
    C'est le contexte utilisé par Claude Mossé pour nous conter les chevauchées guerrières et les passions amoureuses du Grand Khan. Au travers d'une intrigue policière rigoureuse, il nous promène des steppes de Mongolie au palais des Doges, nous fait revivre entre autres rebondissements la prise de Jérusalem par Saladin et celle de Pékin par les redoutables cavaliers mongols.

  • Lusitania

    Claude Mossé

    • Fayard
    • 22 Avril 2015

    7 mai 1915. Dix mois après le début de la guerre, le luxueux paquebot britannique Lusitania est torpillé au large des côtes irlandaises par un sous-marin allemand. À son bord, effectuant la traversée New York-Liverpool, 1 959 passagers et membres d'équipage, dont la plupart sont noyés en dix-huit minutes.

    Harry Wallace, représentant de la compagnie maritime propriétaire du navire, recueille les survivants et s'interroge : comment une torpille de faible puissance a-t-elle pu provoquer de tels ravages sur un bateau si gigantesque ? Certains évoquent une seconde explosion, plus violente que la première. Les explications fournies ne sont pas suffisantes. Hanté par les corps qu'il a vus pendant des semaines s'échouer sur le rivage, Harry décide d'en avoir le coeur net.
    Winston Churchill, Premier Lord de l'Amirauté, pourrait bien être impliqué dans cette catastrophe. Voulait-il se servir des victimes américaines pour contraindre les États-Unis à intervenir dans le conflit ? Les rumeurs prétendent qu'il aurait fait remplir les cales de munitions, que des passagers clandestins se seraient trouvés à bord, peut-être même des lingots d'or. Harry parviendra-t-il à percer les secrets de ce mystérieux naufrage ?
    Inspiré de faits réels, ce roman retrace, cent ans après le drame, le destin tragique des passagers du Lusitania.

  • Belle orpheline de dix-sept ans, Eloïse, que l'on surnomme « Malamour », a grandi recluse dans un couvent d'Avignon. En cette fin du XVIIIe siècle, la révolution est en marche, bientôt nobles et miséreux seront égaux devant la loi. A l'exception des habitants du Comtat Venaissin, propriété de l'Eglise entre mont Ventoux et vallée du Rhône, où sévissent pillages, famines et massacres. Révoltée par tant d'injustices, Eloïse part en croisade afin de prêcher pour un Comtat rattaché à la république naissante. De sa Provence natale jusqu'à Paris, partout sa détermination impressionne et son charme, puissant, opère auprès d'hommes influents. Alors que délation et trahison sont monnaie courante, Eloïse, risquant sa vie à tout instant, découvrira-t-elle le secret de son incroyable filiation ?

    Une page méconnue de l'histoire de la cité des papes.

  • Marie Stuart fut deux fois reine : de France d'abord, elle épousa François II, mort à 19 ans, et d'Ecosse ensuite, où elle souleva l'hostilité des puissants lords protestants. Les querelles religieuses ne justifiaient pas qu'elle fît assassiner son deuxième mari et prit pour troisième époux un criminel peu vertueux, faiseur d'intrigues, le comte de Bothwell.

  • Les Impostures de l'Histoire Nouv.

    En revisitant, faits à l'appui, des figures mythiques de notre histoire, Claude Mossé, historien et conteur, fait litière des images d'Épinal pieusement transmises par la légende pour replacer faits et personnages dans le contexte de leur temps. Ce traitement on ne peut plus décapant offre au lecteur bien des surprises - dont la moindre n'est pas la véritable réhabilitation de Néron à laquelle se livre l'auteur. Les saints médiévaux en revanche, saint Louis et Jeanne d'Arc, par leurs imperfections bien humaines, en deviennent moins impressionnants. Une entreprise authentiquement salutaire donc, à la lecture de laquelle tout esprit curieux trouvera à la fois un grand plaisir et un intérêt qui, au fil des pages, ne se dément pas.

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