• Déméter ne se consolait pas du deuil de sa fille Perséphone. Un jour, sa servante Baubo, se plaça devant elle, souleva ses jupes et exhiba sa propre vulve. Déméter se mit à rire, sortit de sa dépression, récupéra désir et envie de vivre. Cet épisode énigmatique de la mythologie grecque fascinait Georges Devereux. Quel sens lui donner ? Que révèle-t-il de la féminité intime de la femme ? Pendant trente ans, il y a réfléchi, amassant une prodigieuse quantité d'informations de toutes les époques et de toutes les cultures. Résultat, ce livre étonnant, où le pionnier de l'ethnopsychanalyse explore la différence des sexes, les capacités orgasmiques, la beauté ou la laideur du sexe de la femme, le désir chez l'homme d'avoir une vulve et un vagin, ou encore le vécu des amants à l'instant précis où l'orgasme se déclenche. Ce texte est suivi de "Parallèle entre des mythes et une obsession visuelle" (Sigmund Freud) et de "La nudité comme moyen d'intimidation" (Sandor Ferenczi).

  • Certains éprouvent le besoin, pour se protéger, de masquer leur identité, ou pire : de renoncer à toute identité. Comment y parviennent-ils ? S'agit-il d'une pathologie ? Qu'est-ce qui, venant des autres, peut bien les menacer à ce point ? Un classique pour comprendre la mécanique sociale qui tend à détruire notre identité et à nier notre dignité. Georges Devereux est le père de l'ethnopsychiatrie. Tobie Nathan est son disciple. Elisabeth Roudinesco l'a fait récemment redécouvrir. Son chef-d'oeuvre a été adapté au cinéma par Arnaud Desplechin («Jimmy P.», 2013).

  • Toute science du comportement est entravée par l'angoisse que provoque le chevauchement du sujet d'étude et de l'observateur, une angoisse qui déforme la perception et l'interprétation des données, et produit des résistances de contre-transfert.
    Considérées comme fondamentales et caractéristiques des sciences du comportement, ces "perturbations" sont capables de produire des prises de conscience mieux que tout autre type de données. Le savant doit donc cesser de mettre exclusivement en valeur la manipulation du sujet, et chercher à se comprendre lui-même en tant qu'observateur. En ce sens, chaque expérience menée sur un rat est aussi une expérience pratiquée sur l'observateur, dont les angoisses et les manoeuvres de parade peuvent jeter plus de lumière sur la nature du comportement en général que ne le peut l'observation des rats, ou celle d'êtres humains.

  • Si l'inconscient est une donnée universelle, les maladies de l'âme sont différentes d'un peuple à l'autre. Pionnier de l'ethnopsychanalyse, Georges Devereux s'est attaché, tout au long de sa carrière de psychanalyste et d'anthropologue, à décrire les troubles psychiques propres à un sujet pris dans une culture particulière, ainsi que les classifications que cette culture invente pour expliquer les différentes pathologies.
    Cette Psychothérapie d'un Indien des Plaines (New York, 1951), son premier ouvrage, est d'abord l'histoire devenue classique d'un grand cas clinique où sont exposées, transcrites et analysées avec brio les quatre-vingt-cinq séances d'une cure par la parole menée avec Jimmy Picard, Indien de la tribu des Pieds Noirs, déraciné, alcoolique, névrosé. Né dans l'Empire austro-hongrois et lui-même déchiré entre plusieurs cultures, Devereux se rendit en 1947 à la clinique de Topeka, au Kansas, où s'étaient retrouvés avant lui de nombreux cliniciens de la vieille Europe chassés par le nazisme.
    C'est là qu'il devint le thérapeute, le confident et l'analyste de ces Indiens des Plaines dont la légende hollywoodienne faisait sans cesse revivre l'épopée guerrière.

  • Roi de Sparte au Ve siècle avant J.-C., Cléomène, alcoolique, fut enfermé par sa famille et se suicida en se tailladant le corps avec son épée. Engagé dans l'exploration de l'inconscient, l'auteur analyse la schizophrénie paranoïde de Cléomène.

  • En 1976, lorsque George Devereux publie Dreams in Greek Tragedy (dont le présent ouvrage est la traduction française tant attendue), la psychanalyse n'a pas encore exploré tous les champs du savoir et son introduction dans le domaine des études antiques est relativement récente : les difficultés rencontrées avant la publication du livre en témoignent. C'est que l'ouvrage est novateur : il soumet les rêves des pièces tragiques conservées à une critique psychanalytique rigoureuse, il soulève un coin du voile que la tradition a bien souvent pudiquement jeté sur des personnages et des situations, dont elle refusait de reconnaître, et partant, d'analyser le caractère profondément troublant. Et voici que, de la mythologie, surgissent des individus dans toute leur « apparente et monolithique simplicité extérieure », comme aime à dire George Devereux à propos d'Eschyle, une simplicité qui recèle une fascinante complexité... Ménélas n'est plus le mari trompé, le benêt cocu de la tradition, mais un homme blessé. Oreste quitte le rôle paradoxal du fils qui se débarrasse froidement de sa mère sous prétexte de venger un père qu'il n'a pas ou peu connu : son geste revêt une dimension personnelle bien plus fondamentale, et n'en est que plus vrai.
    Si l'Oedipe n'explique pas tout, si le lecteur moderne ne voit plus dans la psychanalyse la discipline susceptible de fournir une solution à toutes les énigmes de l'esprit humain, il ne peut que saluer cette tentative de gratter le vernis faussement « moral » de la mythologie, vernis qui dissimulait, avec leur humanité, les véritables motivations des personnages tragiques.

  • Publié aux etats-unis par la prestigieuse smithsonian institution (bureau of american ethnology), ce traité d'ethnopsychiatrie des indiens mohaves (arizona, etats-unis) est l'oeuvre fondamentale de georges devereux.
    Il s'y attache à reconstituer l'ensemble des classifications psychiatriques qui sont celles des mohaves et à les mettre en relation avec la psychopathologie occidentale d'inspiration psychanalytique.
    Cet exercice doit nous permettre de changer le cadre de référence dans lequel nous pensons les troubles mentaux et d'être plus à même d'approfondir notre conception de la psychiatrie. selon georges devereux, les chercheurs dans les sciences de l'homme et du comportement ont intérêt à ce type d'exercice s'ils veulent garder la nécessaire flexibilité intellectuelle alors qu'il s'agit de sciences qui évoluent très lentement à la différence des sciences de la nature.
    Les indiens mohaves ont été choisis par georges devereux car leur culture est une culture du rêve qui permet donc la construction de nombreux points de convergence avec la psychanalyse. il a commencé leur étude en 1938, confiant à la fin de sa vie : " le groupe des indiens mohaves est le groupe le plus attrayant qu'il m'ait été donné de rencontrer. il y a en eux une bonté fondamentale. en plus, ils sont amusants.
    " dans une langue simple, l'auteur fait le récit vivant et imagé des moeurs mohaves (de la mythologie à la vie quotidienne) au travers de plus de 130 cas soigneusement rapportés. il traite les problèmes du rapport entre culture et psychisme (comment ils se déterminent l'un l'autre), des difficultés de la traduction (à une même question, la réponse d'un informateur peut être " oui " en mohave et " non " en anglais !), de la nature du chamanisme (qui devient chamane ?) et des folies ethniques comme " apprentissage " (ainsi la société occidentale favoriserait l'apprentissage de la schizophrénie qu'il considère comme une folie ethnique).

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