• « Stress », « burn out » ou « charge mentale » : les xxe et xxie siècles ont vu une irrépressible extension du domaine de la fatigue. Les épuisements s'étendent du lieu de travail au foyer, du loisir aux conduites quotidiennes. Une hypothèse traverse ce livre : le gain d'autonomie, réelle ou postulée, acquis par l'individu des sociétés occidentales, la découverte d'un « moi » plus autonome, le rêve toujours accru d'affranchissement et de liberté ont rendu toujours plus difficile à vivre tout ce qui peut contraindre et entraver.
    Que nous est-il arrivé ?
    Ce livre novateur révèle une histoire encore peu étudiée, riche de métamorphoses et de surprises, depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours. Les formes « privilégiées » de fatigues, celles qui mobilisent les commentaires, celles qui s'imposent en priorité aux yeux de tous, évoluent avec le temps. Les symptômes de la fatigue se modifient, les mots s'ajustent (« langueur », « dépérissement », « pénibilité »...), des explications se déploient, des degrés se précisent, des revendications se font jour.
    Un parcours passionnant qui croise histoire du corps et de sensibilités, des structures sociales et du travail, de la guerre et du sport, jusqu'à celle de notre intimité. Pour éclairer tout autrement notre présent.

  • « Un livre serré, dense, subtil. Un livre très « propre », a-t-on envie d'écrire. Son sujet : les définitions, les repères, les techniques de la propreté culturelle entre Moyen Age et XXe siècle, avec les pratiques qui aujourd'hui ont charge d'assurer la netteté du corps [.]. Mais le livre est plus que cela. Il s'appuie, en effet, avec liberté et intelligence, sur les hypothèses proposées par le sociologue allemand Norbert Elias pour rendre compte du " processus de civilisation" qui caractérise les sociétés d'Occident entre XIIe et XIXe siècles [.].
    Là est sans doute le prix de ce livre qui analyse le procès de civilisation occidental à partir de l'un de ses traits les plus fondamentaux : à savoir les transformations du rapport que les hommes ont eu avec leur corps. Séché, baigné, lavé. » Roger Chartier, Libération

  • Les canons de la beauté ont varié selon les époques : ce sont leurs transformations que restitue ce livre. Cette histoire décrit ce qui plaît ou ne plaît pas du corps dans une culture et dans un temps : allures et traits valorisés, contours soulignés ou dépréciés, moyens d'embellissement repensés. L'imaginaire y prend part au même titre que les valeurs d'une époque.
    La beauté n'a cessé de distinguer des individus ; en même temps, elle traduit les oppositions entre les groupes sociaux, les genres, les générations. Objet inquiet ou glorieux du miroir, elle est elle-même miroir des sociétés.

  • Yoga, méditation et autres techniques de bien-être : l'idée est aujourd'hui largement répandue que nous pouvons agir sur notre humeur et nos états d'âme par un travail sur le corps. Or cette idée a une histoire que Georges Vigarello révèle ici, proposant un parcours fascinant à travers l'histoire des représentations de l'intime.

    Il montre comment, à part des Lumières, le corps en est venu à coïncider avec le moi, auparavant circonscrit à la pensée et à l'esprit. Cette conscience inédite s'exprime dans la notion nouvelle de sentiment de l'existence. Une conscience interrogée tout au long du XIXe siècle à travers le rêve, la folie, les effets de drogues, et qui devient, à partir du XXe siècle ? de la relaxation aux exercices de prise de conscience, de la détente à l'étourdissement ?, lieu de vertige autant que d'exploration de l'intime.

    Pour cette édition, l'auteur a ajouté un texte inédit sur la sensibilité aujourd'hui.

  • Ce livre est d'abord l'histoire des relatives tolérances envers la violence sexuelle dans la france ancienne, celles qui enveloppent de surcroît la victime dans l'indignité de l'acte et tendent invinciblement à la condamner.
    Il faut du temps pour que change la vision du viol dans la jurisprudence ou la loi à la fin du xviiie siècle. et aussi la reconnaissance, au xixe de la violence morale, celle des peurs et des menaces caractérisant souvent le viol.
    Impossible pourtant de s'en tenir aux seuls changements de la loi. cet ouvrage retrace aussi l'histoire des obstacles opposés à cette conscience juridique. il faut les repères d'aujourd'hui, l'égalité nouvelle entre hommes et femmes, la suspicion sur les pratiques de domination pour que soient bouleversés les jugements anciens.
    Il faut plus encore une attention toute particulière à l'espace psychique et au monde intime pour que les effets du viol soient totalement reconsidérés.

  • Élixirs, potions ou régimes alimentaires, l'art de prolonger la vie plonge ses racines dans la tradition. Ce sont les formes de cet entretien de soi qu'explore ce livre, sa présence dans les actes les plus anodins, son interférence avec la science et les croyances, ses liens avec l'image du corps, la résistance aux épidémies, la défense des cités et la très lente mise en place d'initiatives publiques.

    Cette histoire souligne combien la frontière entre le sain et le malsain se déplace avec le temps. Les seuils de ce qui est physiquement toléré, l'apparition du maladif ou du dangereux changent avec la civilisation. Science et technique conduisent au paradoxe de surmonter les menaces anciennes tout en en dévoilant de nouvelles. Le projet d'entretien du corps a lui-même changé : hier on « gardait » la santé, aujourd'hui on l'améliore.

  • La mutation des corps contemporains a fait de la minceur un signe majeur d'activité, de mobilité et d'autonomie jusqu'à voir dans l'embonpoint un échec inacceptable de la volonté.

    En retraçant la genèse d'une obsession actuelle, Georges Vigarello élabore avec finesse une histoire des sensibilités à travers les âges. Derrière des portraits de gloutons hauts en couleur et dépréciés, l'inventaire des techniques d'amincissement ou l'autopsie des corps adipeux, il montre que la dictature de l'apparence est fort ancienne ? et multiforme.

    Une oeuvre éclairante et salutaire à l'heure où la question de l'obésité est devenue une question de santé publique.

  • Cet ouvrage à l'érudition joyeuse convoque des références multiples et diverses (oeuvres littéraires, peintures, affiches publicitaires, courriers de lectrices de magazines...) pour retracer l'histoire et les formes successives d'une obsession contemporaine.

    L'état de la silhouette est quasiment une valeur : une présentation spécifique de soi. Ce mot « silhouette », apparu dans les années 1760, longtemps cantonné à l'univers des dessinateurs, n'a pourtant pas toujours désigné l'enjeu qu'il cristallise aujourd'hui. Ses glissements de sens sont nombreux. Ils révèlent la place croissante prise par le regard porté aux allures et aux anatomies. Comme ils révèlent la place croissante prise par les pratiques censées les maîtriser.

  • Dans cet ouvrage, où une large place est laissée à l'iconographie (peintures, gravures, photographies), Georges Vigarello s'attache à montrer comment l'évolution de la robe est intiment liée au contexte social et culturel de chaque époque. Ainsi, du Moyen Âge à aujourd'hui, il retrace cette histoire faite de ruptures et de révolutions, pour mettre en lumière combien les profils et les modes suggèrent une sensibilité culturelle, épousent une vision du monde, incarnent l'évolution des moeurs. Car l'apparence de la femme traduit bien souvent ce qui est attendu d'elle, d'où l'enjeu d'une histoire des robes.

    Découpé en six grandes parties, l'ouvrage remonte d'abord au XIIIe siècle avec les premiers bustes lacés, pour ensuite s'attarder au XVIe, mais surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles, durant lesquels la géométrie des lignes et des silhouettes ne va faire que s'accentuer : le buste est corseté, la ceinture étranglée et le bas du corps entièrement noyé dans les plis. La femme est avant tout un « décor » et cet artifice est conçu en priorité pour la pause, non pour l'activité. Mais l'époque des Lumières en fera la critique, amplifiée par la Révolution française. La nouvelle « citoyenne » gagne en droits et en liberté, et son vêtement doit en témoigner. Pourtant, le premier quart du XIXe siècle, s'attache à restaurer pour un temps ces formes et dépendances passées : c'est alors l'apogée de la crinoline, avant qu'elle-même ne s'efface au profit du fourreau début XXe, tandis que la robe se fait plus collante, dévoilant davantage le bas du corps. Puis, le XXe marque l'élancement : la ligne se redessine et la rupture s'opère sur l'ensemble de la silhouette. Les formes s'installent, plus onduleuses. La mode « garçonne » des années 30 marque de façon décisive l'affirmation d'un corps mobile. De même, à travers les bouleversements contemporains, triomphe une liberté assumée : la mini-jupe, le legging, le pantalon, sont autant de repères forts, à partir desquels la robe est révolutionnée.

  • « Un nouvel enjeu est donné au corps, au travers de la pratique sportive. Que s'est-il passé au XXe siècle ? Un recul de la transcendance. Qu'est-ce que la transcendance ? C'est penser à de l'ailleurs, à une surnature. Or la société postmoderne ne promet plus. La conversion de la transcendance s'est ainsi rabattue sur le sujet et sur le corps ».

    Georges Vigarello interroge ici le corps sportif en pointant les grandes étapes de son évolution.

    Plusieurs grandes « figures » sont mises en perspective et précisées. Le corps, antique, lieu de qualités remarquables et limitées ; le jeu ancien avec ses effervescences et ses inéluctables frontières sociales ; le corps du sport moderne aux qualités les plus diversifiées, révélant un nouvel univers performant, prolongeant les traces d'un XIXe siècle artisan de la mesure, des calculs, des évaluations. Georges Vigarello nous livre ici une véritable ontologie des multiples mises en jeu de notre propre corps dans l'espace en expansion des activités physiques et sportives.

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  • Le moi est aujourd'hui solidement ancré dans un corps auquel est portée la plus grande attention. Cette perception « physique » intérieure n'a pas toujours existé. Elle est née de lentes transformations engageant la manière même dont le sujet se perçoit. Les discours médicaux, la littérature comme les expériences concrètes, pratiques sportives ou de loisir, les révèlent.
    Jusqu'au XVIIIe siècle, la sensibilité traditionnelle privilégiait les cinq sens - la vue, l'odorat, le gout, l'ouïe, le toucher -, tenus pour de simples messagers de l'âme, des vigies tournées vers l'extérieur. Le moi était circonscrit à la pensée et à l'esprit : « je pense, donc je suis ».
    C'est dans la seconde moitié du XVIIIe siècle qu'apparaît, dans les textes de Diderot ou de l'Encyclopédie, l'idée d'un sixième sens pour désigner les perceptions internes du corps. Cette conscience inédite du corps s'exprime dans des notions nouvelles comme celle du sentiment de l'existence. Le corps coïncide avec le moi : véritable révolution de la perception de soi, qui s'exprimera bientôt abondamment dans les journaux intimes.
    Le XIXe siècle approfondit ces réflexions en s'interrogeant sur le rêve, la folie, l'effet des drogues, le somnambulisme. Le début du XXe siècle introduit plus qu'on ne le croit à la culture d'aujourd'hui : de la relaxation aux exercices de prise de conscience, de la détente au vertige, la conscience corporelle devient un lieu de vertige autant que d'approfondissement de l'intime.
    Un parcours fascinant à travers l'histoire des représentations de l'intime.

  • Des cuisses potelées de la Vénus de Boticelli à la dictature contemporaine de la minceur, la signification du gras n'a cessé d'évoluer. À l'origine symbole d'opulence, de santé, de puissance, l'embonpoint est aujourd'hui assimilé à une preuve de mollesse et d'inertie, et la société stigmatise ce qui apparaît comme l'échec inacceptable de la volonté.En retraçant la genèse d'une obsession contemporaine, Georges Vigarello élabore avec beaucoup de finesse une histoire des sensibilités à travers les âges. Via des portraits de gloutons, l'inventaire des techniques d'amincissement ou l'autopsie des corps adipeux, il montre que la dictature de l'apparence est fort ancienne - et multiforme.

  • Le corps redressé, c'est celui que la politesse et la bienséance ont longtemps tenté de dessiner, c'est celui aussi qu'indiquent les prescriptions des hygiènes et des gymnastiques, c'est celui enfin auquel ne manquent pas de faire référence de multiples approches contemporaines des pédagogies corporelles.
    Des cambrures corsetées et théâtralisées, des postures classiques au relâchement contrôlé et théorisé des praticiens contemporains, en passant par les poitrines saillantes des pédagogues du xix e siècle, l'investigation historique dévoile une lente dérive des tactiques pédagogiques, ainsi qu'une lente maturation de leurs pouvoirs.
    Le corps, dont le redressement s'obtenait, il y a encore trois siècles, par de véritables techniques de manipulations physiques ou des pressions spectaculaires, est de plus en plus soumis à des normes « mieux » intériorisées et affinées. Mais dans un tel processus la subtilité n'est pas toujours sans se mêler à quelque perversité, l'accroissement d'émancipation à un accroissement de contrainte, fût-elle plus indirecte. Les techniques bruyamment libératrices d'aujourd'hui et dénonciatrices des « rigidités » redresseuses les plus variées ne sont-elles pas à leur tour bien loin, pour le moins, d'être dénuées de toute ambiguïté ?

  • Adulé ou maltraité, étudié, négligé, fardé, embelli, enlaidi, dissimulé... le corps humain nous inspire des attitudes et des sentiments aussi variés que révélateurs de nos sociétés. C'est qu'il n'est pas une donnée éternelle. Changeant au cours des âges, tributaire des conditions de vie et des cultures qui, elles-mêmes, évoluent. Cette série de trois volumes réalise la magistrale synthèse historique qui manquait sur la place du corps dans la société occidentale.Le premier volume s'attache au corps " moderne " des anatomistes, observé, manipulé, disséqué - mais aussi au corps qui souffre et qui jouit. Lorsque ce corps " moderne " émerge au XVIe siècle, c'est la première fois qu'il peut être imaginés indépendamment de l'influence des planètes, des forces occultes. Non que disparaissent, loin s'en faut, les références sacrées. Mais un conflit de culture s'avive avec la Renaissance où le corps se singularise dans toute son autonomie. À quoi s'ajoute un intense travail de la modernité sur les frontières du soi, les pulsions, les désirs : contrôle des politesses et des sociabilités, polissage des violences, autosurveillance des gestes dans l'univers de l'intime.

  • « Un livre serré, dense, subtil. Un livre très propre, a-t-on envie d'écrire. Son sujet : les définitions, lesrepères, les techniques de la propreté culturelle entre Moyen Age et XXe siècle, avec les pratiques qui aujourd'hui ont charge d'assurer la netteté du corps ().
    Là est sans doute le prix de ce livre qui analyse le procès de civilisation occidental à partir de l'un de ses traits les plus fondamentaux : à savoir les transformations du rapport que les hommes ont eu avec leur corps.
    Séché, baigné, lavé. »

  • Passion sport, c'est l'histoire d'une culture, celle de la place du sport dans la société.
    Georges vigarello comble ici un vide : cette histoire, confrontant des pratiques sportives très différentes, n'avait jamais été constituée du moyen age à aujourd'hui. au plus près des sensations par l'image et le récit, l'historien met en scène une iconographie considérable, plus de 400 documents. des tournois en foule du moyen age auxgrands spectacles de notre siècle, les jeux de compétitioncomme les jeux de places de village, mais aussi leur contexte social, leurs espaces, leurs décors sont au centre d'une exploration à travers le temps.
    C'est en étudiant la compétition dans la longue durée que georges vigarello appréhende le sport contemporain, la passion qu'il suscite, sa mondialisation, l'abondance croissante de son public. l'historien des mentalités est sur les traces du mythe collectif qui fait du sport le dernier lieu du sacré.

  • La robe. (collector). une histoire culturelle - du moyen age a aujourd'hui Nouv.

  • Ce livre est d'abord l'histoire des relatives tolérances envers la violence sexuelle dans la France ancienne, celles qui enveloppent de surcroit la victime dans l'indignité de l'acte et tendent invinciblement à la condamner.
    Il faut du temps pour que change la vision du viol dans la jurisprudence ou la loi à la fin du XVIIIe siècle. Et aussi la reconnaissance, au XIXe, de la violence morale, celle des peurs et des menaces caractérisant souvent le viol. Impossible pourtant de s'en tenir aux seuls changements de la loi. Cet ouvrage retrace aussi l'histoire des obstacles opposés à cette conscience juridique. C'est avec les enfants d'abord que change fortement au XIXe siècle la réalité des procès : cas plus nombreux, condamnations plus fermes, recensements plus précis.
    Il faut les repères d'aujourd'hui pourtant, l'égalité nouvelle entre hommes et femmes, la suspicion sur les pratiques de domination pour que soient bouleversés les jugements anciens. Il faut plus encore une attention toute particulière à l'espace psychique et au monde intime pour que les effets du viol soient totalement reconsidérés. On peut alors mesurer, pour les cas sur enfants, toute la distance entre les procès du XIXe siècle rapportant la gravité de l'acte au risque de débauche et les procès d'aujourd'hui rapportant cette gravité au risque de meurtre psychique ou de ravage intérieur.

  • L'ouvrage de Georges VIGARELLO sera le livre de référence pour les 20 millions de sportifs que compte la France.
    Mais la restitution des techniques sportives à travers notre histoire prend une dimension sociologique qui séduira, également, toutes les personnes soucieuses de comprendre et de connaître la composante culturelle que représente le sport dans la société actuelle.
    C'est aussi l'histoire des outils utilisés par les différents sports, de leurs machines et de leurs environnements, qui est retracée par Georges VIGARELLO, le sport étant conçu comme une technique parmi d'autres dans l'histoire des civilisations.
    Le sport prend même des formes particulières où les pratiquants et les champions jouent un grand rôle, quelquefois plus important, même, que celui des ingénieurs et des savants.
    /> A travers l'évolution de la technique, c'est plus profondément la transformation culturelle du sport, celle des modèles du corps, la modification des horizons économiques ou des usages sociaux qui sont ici restituées.
    Vêtements, chaussures, perches, planches, etc., tout simplement de mieux comprendre le sport aujourd'hui en le replaçant dans un contexte et un acquis culturels.

  • L'histoire de l'éducation physique, des activités sportives et artistiques au travers des techniques, des évènements et des hommes.

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