• M. Mizuno coule une retraite heureuse après une vie sans histoire. Du moins c'est l'image qu'il s'applique à donner. Car son vrai nom est Yasukazu Sanso, ancien activiste de l'Armée rouge japonaise ayant déjà tué, et de sang-froid. La rencontre fortuite, à Bangkok, avec un vieux camarade va déclencher la mécanique implacable du souvenir. Comment, en quête d'idéal, s'est-il laissé embrigader dans les mouvements universitaires des années 1960 ? Comment, suite aux dérives d'une faction se livrant à des purges insensées, a-t-il rejoint les camps d'entraînement palestiniens au Liban, dans l'espoir de prouver qu'il est un vrai communiste ?
    Michaël Prazan livre ici, avec l'acuité psychologique qu'on lui connaît, un roman haletant sur la grande époque du terrorisme international des années 1970.

  • Exécutants zélés de la première phase de « la solution finale de la question juive » à partir de juin 1941, les 3 000 hommes des Einsatzgruppen ont planifié et réalisé en un temps record le massacre par balle des juifs de l'Est. Deux ans plus tard, les nazis tentèrent d'en effacer les traces, ouvrant les charniers et brûlant les corps.
    Pour les besoins d'un documentaire pour France 2, Michaël Prazan a sillonné l'Europe de l'Est à la recherche de témoins, de bourreaux et de rescapés. Il a arpenté les lieux des massacres, retrouvé les traces, visité les rares espaces de mémoire. Par un va-et-vient temporel, il associe le lecteur au récit et, plus encore que ne le ferait une chronique historique, le contraint à la mise en perspective avec le présent.

  • Décembre 1937. L'armée japonaise lancée dans une guerre d'expansion coloniale en Chine prend Nankin, capitale de Tchang Kaï-chek. Durant six semaines, les troupes nippones se livrent à un massacre d'une cruauté inouïe.

    Le « viol de Nankin » fera entre 90 000 et 300 000 victimes.

    Michaël Prazan a enquêté sur le terrain, à la recherche des derniers témoins, en s'attardant sur l'histoire d'une dévastation instrumentalisée par la Chine et plus ou moins niée par le Japon. Une plongée au coeur des événements qui, soixante-dix ans plus tard, menacent toujours l'équilibre de la région

  • La passeuse

    Michaël Prazan

    L'Histoire n'est pas peuplée que de héros ou de salauds, de bons ou de méchants. On le voudrait parfois. Les choses seraient plus simples. 1942, quai de la Gare des Aubrais ; Bernard Prazan, 7 ans, serre fort la main de Thérèse Léopold qu'il doit appeler Tata mais qu'il connait à peine. Quelques heures plus tôt, sa véritable Tante les a confiés, lui et sa soeur, à cette femme pour qu'elle les fasse passer en zone libre.
    Mais au moment de quitter la gare, l'enfant comprend au regard que la passeuse lance aux Allemands qu'elle va les livrer à la Gestapo. Pourtant elle se ravise et les sauve. Les deux enfants échapperont à la mort, Thérèse Léopold sera déportée à Auschwitz ; elle y survivra. Qui était-elle alors ? Une collabo repentie ou une juste méconnue ? A ses enfants, Bernard ne cessera d'affirmer qu'elle travaillait pour la Gestapo, qu'elle devait les livrer.
    Mais quelques mois avant sa mort, son fils Michaël tombe sur un document prouvant qu'après la guerre, son père l'avait aidée à obtenir une pension de l'Etat pour son geste héroïque. Pourquoi l'aurait-il fait s'il la croyait coupable ? Et pourquoi aurait-elle finalement décidé de les sauver s'il elle l'était vraiment ? Pour connaitre la vérité, Michaël Prazan, documentariste reconnu, spécialiste de la Shoah, s'est lancé dans la grande enquête de sa vie ; celle de ses origines.
    Mêlant l'histoire de son père, cet enfant caché et père taiseux, et celle qu'il a retracée de la passeuse après l'avoir retrouvée et rencontrée, il en livre le récit bouleversant et intime où la petite histoire rejoint la Grande et où héros et salauds se croisent et parfois se confondent.

  • Décembre 1937 : l'armée japonaise, lancée dans une guerre d'expansion coloniale en Chine, prend Nankin, capitale du régime nationaliste du Guomindang. Six semaines durant, la ville est livrée aux soldats nippons, qui se déchaînent dans un massacre d'une cruauté sans précédent. En 1946, suite à la défaite du Japon, la justice des vainqueurs tentera tant bien que mal de déterminer les responsabilités et de punir les coupables lors de deux procès, l'un à Tokyo sous l'égide des alliés, l'autre à Nankin voulu par Tchang Kaï-chek. Aujourd'hui encore, le nombre de victimes n'est pas connu avec précision, les estimations allant de quatre-vingt-dix mille à trois cent mille. Et les plaies ouvertes en 1937 sont loin d'être refermées.
    Si le souvenir de Nankin a été habilement instrumentalisé par les dirigeants chinois, qui n'hésitent pas à en exagérer l'ampleur, il est à l'inverse allégrement nié par des «historiens» révisionnistes japonais auxquels les nouvelles générations accordent une audience croissante. Aux provocations de l'ancien Premier ministre Junichiro Koizumi, Pékin a longtemps répliqué en entretenant des sentiments xénophobes chez les Chinois, les manifestations spectaculaires et «spontanées» répondant aux dérapages lourds de sens des dirigeants nippons.
    C'est sur le double front de l'histoire et de l'actualité que ce livre interroge deux mémoires distinctes qui, entre propagande et tabou, s'affrontent autour d'un même événement. Par la rencontre des victimes et des bourreaux, les analyses des plus grands spécialistes chinois et japonais, la confrontation de documents d'archives inédits et une enquête de terrain, de la Chine au Japon, du passé à aujourd'hui, Michaël Prazan s'efforce d'éclairer l'événement plutôt que de jeter l'anathème. Une plongée au coeur des événements qui, soixante-dix ans plus tard, menacent toujours l'équilibre de la région.

  • Véritable contre-histoire du XXe siècle, ce livre raconte l'histoire du terrorisme moderne, de la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu'à nos jours.
    Histoire racontée pour la première fois par les terroristes eux-mêmes ! L'auteur explore la généalogie des mouvements terroristes, leurs pratiques et modes opératoires. Il y met en lumière les moments charnières et les passerelles qui font évoluer le phénomène d'une organisation à l'autre, d'une région du monde à une autre ; les effets de filiation et de transmission, tant en termes de savoir-faire que d'héritages idéologiques et politiques.
    Au-delà des spécialistes qui interviennent sur différents aspects de la question traitée (historiens, spécialistes des phénomènes terroristes ou de certains groupes, d'une région, etc.), l'ouvrage fait la part belle aux grands acteurs des événements rapportés (terroristes repentis ou actifs, militants, victimes, enquêteurs). Il s'agit alors d'interroger leurs motivations, de comprendre par quels mécanismes ils passent à l'acte.

  • Chaque Einsatzgruppe avait pour tâche la « sécurisation » d'une zone géographique définie par la logique des avancées de la Wehrmacht.Les massacres étaient planifiés, organisés, menés à bien en temps record : rassemblement dans les ghettos, transport dans des lieux proches, grandes fosses, execution par petits groupes de gens - hommes, femmes, enfants - alignés et fusillés de façon à tomber directement dans la fosse...Deux ans après les massacres, les nazis effacèrent, autant que possible, les traces. Ils ont alors ouvert les charniers et brûlé les corps en de gigantesques brasiers.Pour les besoins d'un documentaire pour France 2, Michael Prazan a sillonné l'Europe de l'est à la recherche de survivants et de témoins : bourreaux, victimes rescapées et témoins divers. Il a arpenté les ravins, les champs, les marais où ont eu lieu les massacres, retrouvé les traces, visité les rares lieux de mémoire. Le va- et-vient entre le temps des massacres et aujourd'hui est constant. Il associe le lecteur au récit, plus encore que ne le ferait une chronique historique, le contraint à la mise en perspective, au lien avec le présent.

  • Il y a quelques mois encore, ils dirigeaient l'Egypte. Aujourd'hui, traqués ou incarcérés, ils ont repris le chemin de la clandestinité. Qui sont les Frères Musulmans ? Disséminés dans le monde arabe, en Europe et aux Etats-Unis, constitués en associations, en partis politiques ou en organismes de charité, ils sont régulièrement soupçonnés d'être liés aux mouvements jihadistes. Tantôt présentés comme des islamistes modérés, tantôt comme des théocrates déguisés, les Frères intriguent autant qu'ils inquiètent. Michael Prazan a voulu percer leur mystère et les a suivis, rencontrés et interrogés pendant plus de deux ans.

    Du Caire à Tunis, de Gaza aux camps afghans d'Al-Qaïda, on le suit dans le bureau de Khairat al-Shater, le vice-Guide suprême de la Confrérie, le salon de Rached Ghannouchi, leader du parti tunisien Ennahda, ou les appartements de l'Institut Français de Londres où se confie Noman Benotman, un terroriste repenti, naguère proche de Ben Laden. A travers ses échanges avec eux, avide de comprendre leurs principes, leurs buts, leur organisation, leur expansion fulgurante, leurs méthodes d'action et leurs ambigüités, l'auteur fait le récit d'une histoire presque centenaire, émaillée de succès, de répressions et de zones d'ombres. Entre les dirigeants haut placés qui jurent ne vouloir que la démocratie et les salafistes moins prudents, les discours pacifistes se mêlent aux harangues antisémites et aux invitations au jihad pour dessiner le visage trouble de la puissante confrérie islamiste.

    Une enquête inédite et haletante.

  • Existe--t-il un style antisémite, qui, au-delà des thèmes traditionnels de la judéophobie, caractériserait l´écriture et le discours ?
    En décortiquant les textes, que depuis la Belle Époque et l´affaire Dreyfus jusqu´aux attentats du 11 septembre 2001 en passant par l´avant-guerre et la collaboration, on découvre un fil conducteur, une « doxa » diffusée et popularisée par la littérature, la caricature, les discours idéologiques, et qui est caractérisée par des constantes stylistiques. À la charnière des XIXe et XXe siècles, Charles Maurras, Léon Daudet, mais aussi Emile Zola et Octave Mirbeau ont, volontairement ou non, doté l´antisémitisme de marqueurs et de dénoteurs stylistiques. Mais c´est bien sûr Céline qui, dans ses romans comme dans ses pamphlets, a réalisé la synthèse des antisémitismes de droite et de gauche en popularisant un style particulier, exclamatif, populiste, argotique qui se voulait aux antipodes du style proustien, « fleuri, alambiqué, oriental » : en un mot, juif.
    Les ravages du style célinien, qui passait le message génocidaire comme en contrebande, se sont fait sentir jusque bien après la guerre, bien que bridés par la loi et l´absence de talent, sous la plume de négationnistes comme Paul Rassinier et Roger Garaudy ou de « rouges-bruns » tels que Jean Edern-Hallier et Marc-Édouard Nabe. Et de constater qu'aujourd'hui encore, le discours antisioniste, qui a achevé la mondialisation, fait des Juifs, comme soixante ans auparavant et pour de tout autres raisons, dans un tout autre contexte, des cibles potentielles, où qu'ils se trouvent dans le monde.

  • dans le paris du xixe siècle, des salons littéraires au hasard de ruelles mal famées, les artistes rêvent de paradis artificiels.
    baudelaire, lui, construit son mythe. mais dans son quotidien miné par la pauvreté et la syphilis comme dans son envol vers la gloire littéraire, charles n'est jamais seul. une femme partage sa misère et ses excès, supporte sa jalousie et ses infidélités, endure sa folie et sa maladie. qui était jeanne duval, la mystérieuse " vénus noire " ? la " mulâtresse " qui a inspiré la majeure partie des fleurs du maloe méprisée par ses contemporains, chargée de tous les maux par la critique littéraire, oubliée enfin, elle demeure une énigme.
    ce récit lui restitue sa place dans la vie et dans l'oeuvre du poète maudit. documenté mais romanesque, tour à tour drôle et tragique, la maîtresse de charles baudelaire raconte vingt ans d'une relation passionnelle et destructrice.

  • Le mardi 30 mai 1972, à l'aérodrome de Lod-Tel-Aviv, trois Japonais sortent de leurs valises des fusils mitrailleurs et des grenades et, en quelques secondes, dévastent le hall de débarquement.
    Bilan : 26 morts et près d'une centaine de blessés. Pour la première fois résonne le nom alors mystérieux de l'Armée rouge japonaise ; Nihon sekigun. Un nom qui, depuis 1970, est associé à l'une des plus violentes et des plus meurtrières organisations terroristes. Après Lod, les prises d'otages et les coups d'éclats se poursuivent partout dans le monde. Dubai, Singapour, en 1973 ; Paris, La Haye, en 1974 ; Kuala Lumpur, en 1975 ; Dacca, en 1977 ; Rome, en 1988...
    Pendant près de trois décennies, le portrait d'une belle jeune femme sera exposé dans tous les commissariats du Japon. Son nom : Fusako Shigenobu, " la Reine rouge ", le leader, depuis 1971, de l'ARJ. Elle est le fil rouge de cette histoire de folie et de sang. LARD a initié une nouvelle forme de terrorisme : l'opération suicide, " kamikaze ", qui sera plus tard reprise et instrumentalisée par le terrorisme islamiste, notamment par Al Qaïda dans les attentats du 11 septembre 2001.
    L'Armée rouge japonaise est à l'origine du terrorisme moderne. Après une longue enquête, Michaël Prazan restitue l'histoire de l'ARJ, nourrie des témoignages des survivants et de nombreux documents inédits.

  • Révolutionnaire au Quartier latin des années soixante, guérillero à Cuba, puis au Venezuela, joueur frénétique de salsa, gangster, taulard, écrivain, Pierre Goldman est surtout connu pour avoir été le principal accusé dans la sordide affaire du meurtre de deux pharmaciennes, au cours du hold-up raté d'une officine, le 19 décembre 1969.
    Condamné à perpétuité par la cour d'assises de Paris en 1974, il sera rejugé, puis acquitté, avant d'être assassiné en pleine rue, quatre ans après sa libération. Qui était vraiment Pierre Goldman ? Un personnage aux multiples vies, qui a suscité rumeurs et légendes. Vingt-cinq ans après son mystérieux assassinat, ce livre éclaire les jeux d'ombre d'une existence marquée par la tragédie : Pierre Goldman était-il bien coupable du double meurtre dont il a été accusé ? Qui a commandité son assassinat ? Au-delà des faits et des anecdotes, l'auteur tente de restituer la trajectoire paroxystique de ce Juif polonais né sous l'Occupation de parents résistants, et tué à 35 ans.
    Par une enquête qui revient sur les lieux (Caraïbes, Pologne, Venezuela) et grâce aux témoignages de ceux qui l'ont connu, Michaël Prazan trace le portrait sensible et contrasté de celui qu'il considère comme un frère de l'ombre, un homme hors normes, tiraillé entre désir de mourir et soif de vivre.

  • Née de l'Affaire Dreyfus, autour du concept moderne d'antisémitisme, l'extrême-droite française vagabonde, au début de ce siècle, de tentatives de coups d'Etat en complots sénatoriaux.
    Ainsi, dès 1920, l'affaire de la maladie n°9, préfigure la politique antijuive de Vichy. Avec l'Etat français du maréchal Pétain, l'heure de gloire de l'extrême-droite aurait pu coïncider avec son acte de décès. Mais, dans l'ombre des Républiques, elle renaît toujours de ses cendres et finit par se constituer, au début des années 80, en machine de guerre politique. Une Tradition de la haine se présente comme un répertoire de figures autour desquelles s'est construite une rhétorique, s'est érigée une culture aujourd'hui séculaire mais toujours menaçante.
    Cette enquête au coeur de l'extrême-droite aborde les temps forts de son histoire (l'Affaire Dreyfus, Vichy et la collaboration), effectue des descentes dans des zones obscures ou méconnues (la maladie n°9) et éclaire quelques-uns de ses avatars contemporains (le FN, Radio Courtoisie).

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