• Si l'on en croit Vladimir Poutine, la fin de l'URSS serait "la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle". Les violentes menaces et actes hostiles à l'encontre de nations européennes donnent sens à cette brutale affirmation. Embargos énergétiques à répétition, tentatives de déstabilisation et passage à l'action armée contre la Géorgie empoisonnent les relations russo-européennes. Dans les crises extérieures qui mettent au défi l'Occident, en Iran ou dans d'autres théâtres géopolitiques, la Russie exploite, en vue de ses seuls intérêts, les opportunités stratégiques qu'elle rencontre.
    L'Occident perdrait-il donc la "Russie-Eurasie", puissance perturbatrice et encline aux excès aux confins de l'Europe ? A la croisée de l'Orient et de l'Occident, cet Etat-continent est animé par un nouvel autoritarisme et les dirigeants russes entendent reconstituer une sphère de contrôle exclusif dans l'espace post-soviétique. Ils agissent en conséquence. Leurs prétentions s'opposent à l'extension des frontières de la liberté dans l'Ancien Monde et appellent des réponses à la hauteur des enjeux. Quelle posture l'Occident doit-il tenir face à ce pays ? Encore faut-il poser le juste diagnostic géopolitique.

  • Le 7 mars 1966, le Général de Gaulle annonçait le retrait des armées françaises des structures militaires de l'OTAN.
    Depuis cette décision, l'atlantisme est vilipendé. Et pourtant... La France via l'OTAN est engagée en Afghanistan. Sur le vaste front de la lutte contre l'islamo-terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, les Français sont aux côtés de leurs alliés. Etats-majors et services de renseignement opèrent en étroite liaison avec leurs homologues américains. La France aurait-elle donc réintégré l'OTAN ? Est-elle jamais sortie de l'Organisation atlantique ? Pourquoi ces pudeurs ? Les faits commandent.
    Ces choix appellent l'attention sur les dissonances cognitives françaises. L'opposition verbale aux Etats-Unis, la stigmatisation de l'atlantisme et les envolées lyriques ne correspondent pas aux réalités stratégiques et géopolitiques. Prise au plus haut niveau, la décision de participer pleinement à la " nouvelle OTAN " S'inscrit dans une vision ambitieuse de l'Europe, au coeur des équilibres panoccidentaux.
    Risques, menaces et défis doivent être relevés. " Hic et nunc ". La transformation de l'OTAN en une alliance euro-américaine et de souples articulations entre Washington, Bruxelles et Moscou y contribueront.

empty