• Plongeant dans les archives des organisations internationales - l'ONU et ses agences, en particulier mais aussi des organisations non gouvernementales et de grandes fondations privées -, Sandrine Kott nous dévoile une autre histoire de la guerre froide. Ces organisations, où se rencontrent et s'opposent des acteurs issus de mondes en conflit, se révèlent être des lieux d'élaboration en commun de savoirs et de projets. Elles rendent possible et encouragent des internationalismes structurés autour de causes qui tout à la fois rassemblent et divisent : droits de l'homme et de la femme, paix, écologie... Elles promeuvent l'idée qu'il est possible d'organiser le monde en régulant ses déséquilibres et ses contradictions. Enfin et surtout elles donnent la parole à une multitude d'acteurs négligés dans les grands récits, en particulier ceux du « tiers monde » dont les revendications de justice ont puissamment marqué l'agenda international de la période. À la guerre froide a succédé l'ère du globalisme marquée par la généralisation des logiques de concurrence. Leur triomphe met en danger les espace de débats internationaux comme les projets de régulation et d'organisation du monde dont les sociétés humaines et leurs environnements naturels auraient, pourtant, plus que jamais besoin.

  • Le premier État allemand unifié voit le jour en 1871 sous la domination prussienne à l'issue de trois guerres. Mais l'histoire allemande du xix e siècle est loin de se résumer à l'unité, au militarisme prussien et à la figure autoritaire de Bismarck. Au cours de ce siècle, l'Allemagne s'impose comme la première puissance économique européenne, elle est aussi le premier État social et un pays où intellectuels et artistes produisent des oeuvres qui font référence. Les conflits politiques et sociaux violents qui secouent l'Allemagne sont autant de moments où s'inventent et s'établissent des formes spécifiques de démocratie politique et sociale.
    Cet ouvrage présente le contraste entre ces formes diverses de la modernité et la persistance d'antagonismes, voire de blocages hérités du passé. Ce décalage, entre les modernités sociales et culturelles d'un côté et le caractère traditionnel des structures de pouvoir de l'autre, a longtemps été perçu comme une spécificité allemande ; on pourrait y voir la source de la tragédie du nazisme.
    Cet ouvrage entend dépasser cette interprétation pessimiste et livrer une image plus colorée du xix e siècle allemand qui est aussi une période d'irruption heureuse de la modernité.
    Sandrine Kott est professeure d'histoire de l'Europe à l'université de Genève. Sur l'histoire de l'Allemagne elle a publié : L'État social allemand. Représentations et pratiques (Belin, 1995), Le communisme au quotidien. Les entreprises d'État dans la société est-allemande (1949-1989) ( Belin, 2001), Bismarck (Presses de la FNSP, 2003), La société de RDA (La découverte, 2011).

  • Comme les autres pays socialistes, la RDA fut une dictature politique qui eut des ambitions totalitaires, mais il est impératif de comprendre comment cette dictature a fonctionné au quotidien et comment les gens y ont vécu.
    C'est à ces questions que cet ouvrage veut apporter une réponse en utilisant l'entreprise comme un observatoire privilégié de la société est-allemande. L'auteur souligne que dans l'entreprise, comme dans l'ensemble de la société, une domination et une surveillance de plus en plus rigoureuses coexistent avec une impuissance croissante et une disparition progressive du rapport au réel. C'est dans cet apparent paradoxe que s'affirme le communisme au quotidien.
    Il est fait d'arrangements locaux informels et de jeux avec les limites du pouvoir, de bricolages et d'ajustements. La dictature politique a finalement accouché d'un monde nouveau particulier, atomisé et communautaire, divisé et solidaire, qui en assure la stabilité, tandis que la dimension utopique a pu constituer un puissant vecteur de propagation et d'intériorisation des valeurs du régime et contribuer à l'émergence d'un " sujet " communiste.

  • étudier la société de la République démocratique allemande n'est pas simple. Pour certains, la domination du Parti communiste aurait été si totale que le politique aurait absorbé le social. à cela les historiens de la société répondent que les individus et les groupes sociaux n'ont pas constitué la pâte molle dont les communistes avaient rêvé et qu'ils ont opposé une résistance active et passive aux transformations mises en oeuvre par les ingénieurs du social.

  • Une confrontation entre les représentations politiques ou intellectuelles et les pratiques sociales ou culturelles permet un questionnement sur les formes et les limites de la construction de l'Etat, comme sur les modes d'émergence de l'espace public et de la démocratie politique. Une synthèse majeure, qui a peu d'équivalents en langue française, pour comprendre le devenir de l'Allemagne au XXe siècle.

  • Bismarck " démon des Allemands " ou " bon Européen " ? Le premier chancelier allemand demeure, aujourd'hui encore, enfermé dans cette alternative radicale.
    Ce livre, qui s'ouvre sur la retraite politique de Bismarck, analyse comment un mythe est fabriqué autour de sa personnalité et pourquoi ce mythe devient un enjeu politique et social majeur dans une Allemagne fragilisée par des crises incessantes. La figure du héros national est construite, utilisée et détournée par les forces nationalistes, elle est combattue par les catholiques, les sociaux-démocrates et surtout les libéraux et elle est finalement récupérée puis abandonnée par les nazis.
    Cette instrumentalisation du personnage est au centre des débats dans l'Allemagne de l'après-guerre. Certains historiens soulignent que le mythe s'est emparé du personnage malgré lui. L'auteur considère cette objection en étudiant le monde social, les choix politiques et nationaux comme les pratiques de pouvoir du chancelier. Bismarck a-t-il été conservateur ou révolutionnaire ? A-t-il été un dictateur ou un opportuniste ? Enfin, a-t-il alimenté le nationalisme et l'antisémitisme racial de la fin du XIXe siècle ou en a-t-il retardé le développement ? À travers les " facettes " de Bismarck, ce livre propose une réflexion sur l'Allemagne contemporaine.

  • Latin

    Sandrine Kott

    Un outil de travail précieux.


    Très complet, ce livre du professeur vous propose :

    - De nombreux conseils pédagogiques et des suggestions d'exploitation ;

    - Des informations complémentaires ;

    - Le corrigé de tous les exercices du manuel.

  • Dictionnaire des nations et des nationalistes dans l'Europe contemporaine
    Certains intellectuels ont annoncé que la seconde moitié du XXe siècle inaugurerait l'ère "post-nationale". Les conflits nationaux et éthniques des années 1990 ont invalidé cette vision. Si le XIXe siècle marque l'émergence et la consolidation des nations en Europe centrale, le XXe siècle est bien celui de la diffusion du modèle national à toute l'Europe comme celui de l'exacerbation des nationalismes.
    L'approche thématique et transversale de ce dictionnaire invite à comprendre comment les nations européennes ont été "inventées" et conduit à réfléchir aux effets des nationalismes.
    Les 28 notices explicitent des notions fondementales et contiennent des références nourries aux histoires des différentes nations européennes.
    Trois index détaillés permettent une entre dans l'ouvrage soit par noms propres, soit par institutions, soit par lieux et peuples, faisant de ce livre un outil de référence.
    Une biobliographie et de nombreuses cartes fournissent des repères pour compléter les analyses.

  • Depuis la disparition des Etats de type soviétique en Europe centrale et orientale, les travaux sur les voies de sortie du communisme se sont multipliés en sciences sociales.
    Cet ouvrage entend inscrire le postcommunisme dans l'histoire afin de comprendre la nature spécifique et les modalités particulières des changements intervenus dans ces pays depuis les années 1990. Il s'agit de montrer que l'histoire n'est pas un " poids ", voire un obstacle au changement, mais au contraire un élément de celui-ci et un moyen d'en penser les spécificités. Réciproquement l'analyse précise des voies de sortie du communisme peut devenir un moyen de comprendre, autrement certains fonctionnements des sociétés et régimes politiques communistes.
    L'ensemble des textes réunis dans ce livre ont en commun de s'interroger sur la manière dont le passé peut être constitué en ressource, dans la construction des représentations (mémoire, nostalgie) des acteurs comme dans celle de leurs pratiques politiques et sociales quotidiennes. La contextualisation précise des phénomènes étudiés est alors nécessaire pour identifier ce qui change vraiment. Par ailleurs, certains discours tendent aujourd'hui à considérer que le processus de passage du plan au marché serait terminé avec l'entrée de certains de ces pays dans l'Union européenne et qu'il conviendrait désormais d'envisager leurs évolutions sous l'angle des réformes.
    Un tel point de vue ne fait-il pas courir le risque d'invalider systématiquement l'hypothèse que le communisme ait pu produire des effets durables? Le présent de ces pays ne peut être pensé qu'à la lumière de leur passé communiste: seule une telle posture permet de comprendre le rapport, souvent contradictoire que les populations de ces pays entretiennent avec ce passé mais aussi la diversité des situations nationales.
    Pour apporter des réponses à ces questions, l'ouvrage adopte une approche pluridisciplinaire. Les auteurs proviennent de différentes sciences sociales : anthropologie, géographie, histoire, sciences politiques, sociologie. Ils ont croisé des objets sur des terrains déjà intégrés à l'Union européenne: République tchèque, Pologne, Hongrie, Allemagne de l'Est ou plus éloignés Roumanie, Bulgarie, Russie et Ouzbékistan.

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